Etats Unis – Elections de mi-mandat : Michelle, la botte secrète d’Obama – 05/11/2014

Michelle Obama à Baltimore, dans le Maryland, le 3 novembre 2014 - AFP
Michelle Obama à Baltimore, dans le Maryland, le 3 novembre 2014 – AFP

Boudé par les candidats démocrates, le locataire de la Maison-Blanche a préféré dépêcher sa femme aux quatre coins du pays pour convaincre les électeurs de se rendre aux urnes. The Washington Post a suivi la première dame.

Directe et décontractée, Michelle Obama monte sur la scène du gymnase d’un lycée pour mobiliser les électeurs démocrates. “Je suis ravie d’être ici”, lance-t-elle l’air sincère et les mains levées.

On l’a rarement vue endosser le rôle d’épouse politique “à contrecœur”, comme en 2007 quand elle avait déclaré qu’elle n’était pas certaine de la voie empruntée par son mari à l’époque. Lors de sa première campagne nationale, Michelle Obama s’était également irritée de voir que ses maladresses étaient systématiquement amplifiées par les médias et que la franchise de ses commentaires pouvait rapidement se retourner contre son mari.

Ce jeudi 30 octobre, dans le Connecticut, elle semblait participer avec plaisir à cette “dernière campagne de Barack Obama”. Gardant son calme face aux provocateurs, elle a même pris le temps de serrer dans ses bras quelques-uns des partisans qui avaient fait la queue pour la voir.

Dernière campagne

Michelle Obama sillonne le pays presque sans arrêt depuis près de six semaines pour participer à des meetings dans les circonscriptions disputées. C’est un changement par rapport aux dernières élections de mi-mandat [de 2010] où la première dame avait clairement fait comprendre aux responsables du Parti démocrate qu’elle réservait son énergie à la campagne de réélection de son mari [en 2012].

Cette fois, Michelle Obama est sur tous les fronts. Elle sait que c’est la dernière fois qu’on lui demandera de fournir de tels efforts.

“Ne vous y trompez pas, la dernière campagne de Barack Obama n’était pas en 2012, la dernière campagne de Barack Obama est cette année, en 2014”, a-t-elle déclaré en septembre en entamant sa tournée.

“Elle donne tout ce qu’elle a”

Pour Anita Dunn, ancienne directrice de la communication de la Maison-Blanche, le rôle de Michelle Obama dans cette campagne reflète bien l’état d’esprit du couple présidentiel. “On ne saurait insister assez lourdement sur l’importance de ces élections de mi-mandat, résume Anita Dunn. Il y a un profond sentiment d’urgence alors que le président arrive à la fin de son second mandat, et les enjeux sont majeurs pour le Sénat, le Congrès et les assemblées des différents Etats. Elle donne tout ce qu’elle a.”

Michelle Obama a participé à plus de 40 événements au nom des démocrates cette année. Le mois dernier, elle s’est arrêtée dans une quinzaine de villes et s’est rendue dans des endroits aussi divers que Miami, Iowa City et Bangor (dans le Maine). Elle a reçu un accueil chaleureux dans des Etats qui avaient boudé son mari.

Comme la plupart des présidents après six ans de pouvoir, Barack Obama a tendance à plomber les chances de réussite de son parti. La cote de popularité de la première dame, en revanche, est restée plutôt stable depuis 2009. D’après un sondage réalisé cet été par le Pew Research Center, 62 % des Américains ont une opinion favorable de l’épouse du président, soit une baisse de seulement six points depuis l’élection de son mari en 2008.

Un message répété

“Il n’y a aucun risque quand elle fait campagne pour vous, explique Celinda Lake, responsable de longue date des enquêtes d’opinion pour le Parti démocrate. Le président est excellent auprès des audiences acquises, mais souvent moins avec les électeurs indépendants. La présence de Michelle ne présente aucun inconvénient et beaucoup, beaucoup d’avantages.”

La première dame est particulièrement appréciée des électrices, des jeunes et des Africains-Américains, dont la participation risque cette année d’être plus faible alors qu’elle est essentielle pour les candidats démocrates.

A chaque étape de campagne, le message de Michelle Obama est le même. Elle défend la cause et le bilan de son mari, affirmant à son auditoire : “Les choses commencent à aller mieux grâce à votre président.” Et elle n’hésite pas à citer son cas personnel pour épingler la paralysie et l’obstruction parlementaire à Washington.

“Cela va tellement loin qu’ils ont même essayé de bloquer mon travail sur l’obésité infantile, explique-t-elle. C’est dire !”

Source : The Washington Post

Par Krissah Thompson

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