Eric Lauer : « Les PME africaines utilisent trop peu les méthodes modernes de recrutement » – 27/06/2015

Eric Lauer, co-fondateur et directeur d'Everjobs | © DR
Eric Lauer, co-fondateur et directeur d’Everjobs | © DR

Déjà opérationnel au Cameroun, en Ouganda, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, le portail d’offres d’emploi Everjobs, développé par Africa Internet Group, compte s’installer dans 15 pays avant la fin 2015. L’Éthiopie, le Kenya, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc et l’Angola sont au programme. Eric Lauer, co-fondateur et directeur d’Everjobs, a répondu aux questions de “Jeune Afrique”.

Everjobs est actif au Cameroun depuis avril. Quels sont vos premières impressions du marché de l’emploi dans ce pays ?

Au Cameroun, on reçoit près de 500 CV par jour. Le site contient déjà plusieurs dizaines de milliers de CV. Ce qui montre que le frein est plutôt du côté de l’offre d’emplois, pas de la demande. Environ 200 offres sont reçues par mois au Cameroun, ce qui paraît faible pour un pays de 23 millions d’habitants mais qui s’explique par la taille limitée de l’emploi formel, les freins culturels à rendre publiques les offres et le fait que les PME utilisent encore trop peu ces méthodes de recrutement.

Il s’agit pour nous de créer un marché neuf en débloquant et en libéralisant des offres auxquelles peu de gens avaient accès. On essaie aussi de s’adapter en offrant la possibilité aux employeurs de recommander des profils pour certaines compétences.

Qu’en est-il en Côte d’Ivoire et au Sénégal, où vous venez de lancer votre service ?

Nous avons eu un très bon démarrage en Côte d’Ivoire, qui est notre pays avec le plus grand nombre d’offres en ligne actuellement. Au Sénégal, on constate une très forte adhésion à la plateforme du côté de la demande, qui s’explique à la fois par les partenariats établis avec des universités locales et par la pénétration d’internet qui est la plus élevée parmi les quatre pays africains où nous sommes implantés.

Plusieurs sites internationaux comme LinkedIn ou Viadeo et d’autres plus spécialisés tels que SkilledAfricans offrent déjà un service similaire au vôtre…

Tout d’abord, notre site est panafricain. On a donc une offre d’emplois et une demande plus riches. De plus notre site comporte beaucoup de filtres pour sélectionner des profils. On travaille aussi sur des partenariats avec des entreprises qui proposent des formations en ligne et qui délivrent des accréditations, de façon à pouvoir vérifier les compétences indiquées sur les CV. Il faut aussi savoir que notre site est gratuit et le restera toujours pour les chercheurs d’emplois.

Quels sont les profils sur votre site ? N’y a-t-il pas une sur-représentation de jeunes diplômés, habitués aux TIC mais sans expériences professionnelles ?

Non, nous avons des profils assez variés. Nous avons beaucoup de professionnels qui ont dix ans d’expérience et qui sont donc déjà insérés sur le marché du travail. On trouve également des profils moins qualifiés, comme des électriciens. Je pense que cette diversification des profils va s’accentuer. Nous faisons néanmoins un effort particulier envers les jeunes qui ont davantage de mal à s’insérer dans le monde professionnel.

Les offres d’emploi sont elles aussi assez diversifiées. Au Cameroun, par exemple, elles proviennent principalement d’entreprises présentes dans la distribution, l’alimentation, les boissons et l’énergie. Les grands groupes internationaux représentent environ 70 % des offres, 25 % proviennent des grands groupes nationaux et 5 % des PME. La plupart de ces offres requièrent une certaine expérience et une expertise, mais nous en avons aussi pour des postes moins qualifiés comme de la garde d’enfants ou du gardiennage.

Source : © Jeune Afrique

Par Charles Bouessel

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