Eric Delphin Kwegoue : « Le Compto’Art est une plateforme d’expression des jeunes comédiens et danseurs » – 29/05/2015

Eric Delphin Kwegoue, dramaturge camerounais et le promoteur du festival « Compto’Art » | © CamerPost/FWB
Eric Delphin Kwegoue, dramaturge camerounais et le promoteur du festival « Compto’Art » | © CamerPost/FWB

Dramaturge camerounais, Eric Delphin Kwegoue est le promoteur du festival « Compto’Art » dédié au théâtre et à la danse. Avant la tenue de la première édition prévue du 9 au 14 juin 2015, nous l’avons rencontré pour qu’il nous en dise plus.

C’est quoi le Compto’Art 54 ?

Le Compto’Art 54 pour moi, c’est le carrefour des arts et spectacles de Douala. J’ai monté un projet, il y a de cela deux années, que j’ai déposé à l’Institut français de Paris. Ce projet était intitulé « Compto’Art » et portait sur la formation des acteurs culturels de théâtre et de danse. Malheureusement, le projet n’a pas été validé par l’Institut français. Puisque le concept était intéressant, je me suis dit qu’il fallait trouver un moyen de le transformer en une plateforme qui devait accueillir des spectacles de théâtre et de danse. On n’y a ajouté « 54 » sur « Compto’Art » parce qu’on s’est dit qu’il y a 54 pays africains et de plus en plus en Afrique, on voit des festivals qui disparaissent par manque de moyens. On s’est dit qu’on organise un comptoir pour vendre le théâtre et la danse.

Pourquoi un festival uniquement pour le théâtre quand on sait que celui-ci associe plusieurs autres genres culturels ?

Quand on fait un recensement des festivals de théâtre au Cameroun, il en existe vraiment plus parce qu’ils meurent de plus en plus. On avait un festival de théâtre à Douala intitulé « Rimac » qui n’existe plus. Le seul qui existe actuellement c’est « Ados en scène » qui ne concerne que les lycéens. Avec la compagnie Koss’art que je dirige, on s’est dit qu’il fallait trouver une autre plateforme d’expression de théâtre et de danse pour grand public.

Parmi les participants à cette première édition de « Compto’Art », on aura Philémon Black Ondoua qui est l’un des patriarches du théâtre camerounais. Comment s’est faite la rencontre et quel sera son rôle pendant ce festival ?

Il faut dire que Philémon Black Ondoua est véritablement un vrai patriarche du théâtre camerounais. Actuellement, il est sociétaire de « l’Ensemble national ». Je l’ai rencontré en l’approchant parce que j’ai l’habitude d’approcher les aînés pour connaître l’histoire du théâtre dans ce pays. Philémon a joué dans un spectacle monté par Hermine Yollo qui s’intitule : « Juste savoir » qui est l’adaptation d’un auteur togolais. Comme j’ai suivi le spectacle et que ça m’a intéressé, j’ai décidé qu’il faut qu’il soit rejoué au « Compto’Art ». J’ai aussi voulu profiter de la présence de Philémon pour animer un atelier de théâtre qui ira du 9 au 14 juin 2015, jour de la restitution. Une façon pour lui de transmettre toute sa connaissance aux jeunes comédiens de Douala.

Sur quoi reposera cet atelier de formation ?

Le thème de cet atelier est « le jeu d’interprétation ». Il va apprendre aux jeunes comédiens comment incarner un rôle ou un personnage dans une pièce théâtrale.

Formateur des jeunes, tu l’es aussi depuis quelques temps mais aussi éditeur des œuvres des auteurs au Cameroun et dans d’autres pays. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Récemment, il a paru « Trois dramaturges Béninois » après ceux du Cameroun l’année dernière. C’est un projet que j’ai initié et qui suit son cours. On a fait la dédicace à Yaoundé et à l’Institut français de Douala pendant le festival « Ados en scène ». Une dédicace aura lieu à Cotonou en octobre. Et l’année prochaine, on aura l’œuvre intitulée « 4 dramaturges togolais » qui va paraître. Cette initiative naît du fait qu’on a constaté que les gens ne vont plus beaucoup regarder le théâtre. Si c’est le cas, il faut donner le théâtre autrement à ses personnes ; d’où l’édition de ces œuvres offertes à moindre coût (2000 frs) pour permettre à tout un chacun de s’offrir un exemplaire et de consommer véritablement le théâtre.

Revenons au « Compto’Art ». A quoi doit s’attendre le public qui fera le déplacement ?

Il doit s’attendre à découvrir le théâtre, la danse et une forme d’art qui, de plus en plus, prend de l’ampleur au Cameroun et qu’on appelle : la performance. Il doit s’attendre à découvrir le potentiel des jeunes talents du Cameroun parce qu’il y a des personnes compétentes qui manquent d’espaces de production. Le public découvrira également la valeur réelle de l’art professionnel.

Quand vous parlez de jeunes talents, qui peut-on avoir par exemple ?

On a par exemple la compagnie d’Elise Mbala qui dispose en son sein deux jeunes qui dansent super bien. Dernièrement, ils étaient au Maroc, au Mali et au Japon pour présenter ce spectacle que nous vous offrirons au festival. Il y a aussi une compagnie de jeunes filles qui répètent à Energie. Ce sont quatre filles qui dansent merveilleusement bien. J’invite le public à venir voir ses jeunes talents qui font renaître le théâtre et la danse à Douala et au Cameroun en général.

© CamerPost – Propos recueillis par Frank William BATCHOU

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