Endettement : Le Cameroun reste un bon risque selon Alamine Ousmne Mey

Conférence de presse de Alamine Ousmne Mey, le ministre camerounais des Finances (Minfi) | Ph. © CT
Conférence de presse de Alamine Ousmne Mey, le ministre camerounais des Finances (Minfi) | Ph. © CT

En proposant 173 milliards de F à l’Etat qui sollicitait 150 milliards de F sur le marché financier national, les investisseurs ont renouvelé leur confiance à la signature du pays.

Hier, la présentation des résultats de l’emprunt obligataire « ECMR 5,5% net 2016-2021 » par le ministre des Finances (Minfi), Alamine Ousmne Mey, représentant de l’Etat du Cameroun, n’était pas qu’une affaire de chiffres. En réalité, au moment où le Minfi s’adresse aux journalistes, les statistiques sur l’offre des investisseurs (plus de 173 milliards de F), le montant retenu par l’Etat (165 milliards de F) et le profil des souscripteurs (banques, entreprises, particuliers) sont déjà connus et publiés par les différents médias.

Ce que le Minfi partagera en premier lieu avec la presse réunie dans la salle des actes de son département ministériel, c’est quatre principaux messages inspirés par ces données. « La signature du Cameroun vient de bénéficier une fois de plus de la solide confiance des investisseurs à l’intérieur et à l’extérieur de notre pays », dira Alamine Ousmane Mey. De plus, le fait que l’offre proposée à l’Etat soit largement au-dessus de la demande, traduit « l’adhésion et le soutien des investisseurs au projet de société du président de la République ». Ce qu’il faut également lire au travers des résultats de cette opération, quatrième du genre, c’est l’adhésion aux réformes en cours dans le pays. Enfin, la confiance en l’avenir du Cameroun. « Il s’agit d’une prise de risque dans l’horizon-temps entre 2016 et 2021. Un emprunt, c’est un engagement à rembourser sur des recettes futures. Et accepter de mettre à disposition des ressources, c’est croire en ce futur en matière d’activités, de revenus et de capacités de rembourser l’engagement qui a été pris », détaille le Minfi.

Nouveauté dans les chiffres, c’est le taux de participation des personnes physiques, c’est-à-dire des particuliers. Ils représentent plus de 10% dans le portefeuille des souscripteurs avec un apport de 16,851 milliards de F. « Enorme ! », selon le commentaire du représentant de l’une des banques du consortium. Preuve de leur intérêt pour le risque camerounais. « L’intérêt de la signature du Cameroun n’est plus à démontrer », ajoutera le Minfi. Les entreprises notamment, ont souscrit à hauteur de 26,5% du montant total retenu, soit 43,835 milliards de F. Les banques qui ont concédé des parts sur leur prise ferme, conservent 63% de l’enveloppe, soit 104 milliards de F.

L’Etat du Cameroun aurait pu retenir les 173 milliards de F offerts par les investisseurs. S’il n’a retenu que 165 milliards de F, soit 15 milliards additionnels, c’est dans une logique de prudence dans l’endettement et de sagesse dans la dépense. « Nous avons choisi de rester à 165 milliards de F parce que nous avons les dépenses qui sont matures et qui correspondent à ce montant », confiera le ministre. C’est la même logique qui a guidé l’eurobond réalisé l’année dernière. L’Etat du Cameroun n’a retenu que 750 millions de dollars sur les 1,2 milliard de dollars souscrits.  Le travail se poursuit.

Source : © Cameroon Tribune

Par Josiane TCHAKOUNTE