Élection présidentielle gabonaise de 2016: La situation post-électorale au Gabon divise les Camerounais

Une arrestation lors d’une manifestation de l’opposition dans les rues de Libreville, au Gabon, le 20 décembre 2014. | © AFP PHOTO/CELIA LEBUR/ILLUSTRATION
Une arrestation lors d’une manifestation de l’opposition dans les rues de Libreville, au Gabon, le 20 décembre 2014. | © AFP PHOTO/CELIA LEBUR/ILLUSTRATION

Les troubles, en contestation des résultats de l’élection présidentielle au Gabon, avec la victoire proclamée du chef de l’Etat sortant Ali Bongo Ondimba devant Jean Ping, ne cessent de diviser l’opinion au Cameroun, a constaté APA sur place.

Le sujet, nourri par des compatriotes vivant dans ce pays voisin mais aussi des images télévisées de casses, de violences et d’arrestations, est pratiquement sur toutes les lèvres, dans les transports et autres lieux publics.

Ici et là, autant certains déplorent la proclamation peu commode des résultats du scrutin, laissant clairement la porte ouverte à la controverse, autant d’autres, plus nombreux encore, condamnent un parti-pris évident de la communauté internationale en faveur du candidat Jean Ping dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas particulièrement populaire de ce côté de la frontière.

Avec une pointe de pudeur, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune se contente de relever qu’«avec 49,80% des voix, le président sortant coiffe sur le fil l’opposant Jean Ping (48,23%) qui a aussitôt contesté les résultats».

La radio nationale (CRTV) observe la même prudence, quant aux violences post-électorales qui se multiplient : «Après l’annonce de la réélection du président Ali Bongo à la tête du pays pour un nouveau septennat, les affrontements se succèdent entre les partisans de l’opposition et les forces de sécurité.»

Les médias à capitaux privés, pour leur part, organisent force débats souvent interactifs, avec en plateau ou en studio de nombreux journalistes et autres experts en géopolitique, dont la plupart ne cachent pas leurs inquiétudes sur l’avenir d’un Gabon plus que jamais écartelé politiquement et socialement.

Mais l’essentiel des analyses se concentre sur les réseaux sociaux, où les débatteurs rivalisent d’arguments allant généralement dans le sens de la condamnation de l’immixtion des puissances étrangères dans la crise, elles qui exigent le recomptage des votes bureau par bureau.

«La communauté internationale, et la France en particulier, sont pris la main dans le sac et ne sauraient exiger à Ali Bongo ce qu’ils avaient refusé hier en Côte d’ivoire dans le but de placer Alassance Ouattara au pouvoir. Le président Gbagbo, dans le souci de permettre une sortie paisible et sans victimes à travers un recomptage de voix sous la supervision des puissances internationales, et surtout des Nations Unies, avait essuyé un refus catégorique malgré l’existence du même mode de fraude décrié au Gabon où le nombre de suffrages exprimés était supérieur au nombre d’inscrits sur les listes électorales», s’insurge un internaute.

Conseiller technique numéro 1 au directeur général de la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam), entreprise éditrice de Cameroon Tribune, Raoul Dieudonné Lebogo Ndongo se veut encore plus incisif : «Voici donc le Gabon au cœur de l’actualité planétaire. Puisque le Conseil de sécurité de l’ONU est désormais saisi du dossier. Voici que la ‘’communauté internationale’’ sort de sa somnolence. Elle demande que les résultats soient publiés bureau de vote par bureau de vote afin que la transparence soit totale.»

On ne peut exiger au Gabon ce qu’on a refusé il y a 6 ans en Côte-d’Ivoire, argumente-t-il : «Comme l’Histoire sait nous rafraîchir les idées, tous ceux qui refusaient ce recomptage des bulletins de vote en Côte-d’Ivoire (ONU, Francophonie, France, Union européenne, etc.) ont à la bouche une seule déclaration : résultats bureau de vote par bureau de vote.

L’un des acteurs de la tragi-comédie ivoirienne s’appelle Jean Ping, actuel candidat déclaré vaincu à l’élection présidentielle au Gabon. Cette fois-ci, il est dans le camp des demandeurs. Sa demande – ou plutôt celle de ses maîtres – sera-t-elle examinée ?»

Et sa consœur Anne Mireille Nzouankeu de renchérir, rappelant que Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine lors de la crise ivoirienne avait refusé le recomptage des bulletins de vote demandé par le camp Gbagbo, ne sachant pas que son tour arriverait en 2016.

Et de reproduire in extenso la déclaration de l’intéressé sur le sujet, lors de la 16ème session ordinaire de l’UA : «La réouverture des résultats de l`élection serait une grave injustice et un précédent fâcheux… L’Union africaine ne reviendra pas en arrière. Il y a des gens qui demandent de recompter les voix. Les opinions sont libres. Les gens sont libres de dire ce qu’ils veulent. Mais, nous, notre position est claire.»

© CAMERPOST avec APA

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2 Commentaires sur "Élection présidentielle gabonaise de 2016: La situation post-électorale au Gabon divise les Camerounais"

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Hamad Hamadou

Les camerounais veulent le changement, à condition que ce ne soit pas chez eux. Toujours à donner des leçons aux autres!

Brice Mbepong

J’AIME CA

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