Ebola: Les escrocs du Web profitent de la psychose – 05/11/2014

Dessin de Bertrams (Pays-Bas)
Dessin de Bertrams (Pays-Bas)

Mails indésirables, rumeurs sur les réseaux sociaux ou sites de fausse information : de nouvelles arnaques en ligne profitent de la paranoïa des internautes occidentaux sur la propagation du virus Ebola.

Emily Quiwonkpa est malade, riche et a besoin d’aide. Dans un long mail, cette femme nigérianne explique qu’elle souffre du virus Ebola. Proche de la mort, elle souhaite transférer près d’1,5 million de dollars à son correspondant. «Ce don n’est pas pour votre utilisation personnelle», précise-t-elle. «Trouvez des associations caricatives dans votre ville.» Elle suggère, tout de même, d’utiliser un peu de son argent pour ériger un monument en son honneur.

Des sommes alléchantes

Cette riche Libérienne est la nouvelle invention des escrocs du Web pour profiter de la crédulité, et de l’argent, des internautes. D’après une étude réalisée par l’entreprise Kaspersky Lab, le virus Ebola a inspiré une nouvelle vague de «lettres nigérianes», nom donné à un type d’emails envoyés pour récupérer les données personnelles voire bancaires de leurs destinataires. Le mail d’Emily Quiwonkpa est très long et détaillé: elle explique qu’elle ne peut plus se servir de ses téléphones portables mais qu’elle a encore espoir que quelqu’un, en Europe ou en Amérique, veuille bien lui venir en aide. «Ce niveau de détails est peu courant dans une lettre nigériane», précisent les auteurs de l’étude sur un post de blog. «Mais cette longue histoire est un moyen de gagner la confiance du destinataire et de l’amener à correspondre avec ses arnaqueurs» Un autre mail étudié par Kaspersky Lab invite son récipiendaire à une conférence internationale sur Ebola contre une récompense de 350.000 euros.

«Les spammeurs essaient généralement d’exploiter les sujets d’actualité», explique Tanguy de Coatpont, directeur général France et Afrique chez Kaspersky Lab, dans un communiqué. «Les escrocs laissent rarement passer l’occasion de se servir d’événements très médiatisés par capter l’attention des internautes et les convaincre de l’authenticité de leurs messages.» D’autres emails frauduleux, officiellement de la part de l’Organisation Mondiale de la Santé, proposent à leurs destinataires de télécharger un document contenant des fausses informations de prévention contre Ebola: il s’agit en fait d’un virus conçu pour voler les données personnelles de sa victime.

Des sites gonflent leur audience

Les arnaques en ligne inspirées d’Ebola ne se cantonnent pas à nos boîtes mails. Des sites Internet profitent également de la psychose du virus chez les Occidentaux, notamment en Amérique du nord et en Europe, pour gonfler leur audience et récolter de l’argent grâce à la publicité. Certains ont des visées satiriques, mais d’autres ont pour but de répandre des rumeurs, notamment grâce aux réseaux sociaux. Par exemple, un article du site National Report intitulé «le virus Ebola est désormais transmissible par l’air» a été partagé presque 9000 fois sur Facebook. «J’aime à penser que nous faisons une mission d’utilité publique», se justifiait Allen Montgomery, éditeur du site, dans une interview accordée à Digiday. «C’est dur à croire, mais notre site est souvent le premier endroit où les internautes réalisent combien il est facile de se faire manipuler.»

Source : © Le Figaro.fr

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