Droits de l’homme: Mowha Franklin incarcéré à Bafoussam

Ce défenseur des droits de l’homme, président national de Frontline Fitghters For Citizens Interests (FFCI) croupit dans les geôles pour son action de dénonciation des exactions et tortures contre la les Bororos dans la région de l’Ouest.

Franklin Mowha
Franklin Mowha

Franklin Mowha croupit, depuis le 8 janvier 2014, à la Prison centrale de Bafoussam. C’est de cette maison d’arrêt qu’il mènera désormais son combat. Il y est arrivé après avoir été déferré au Tribunal militaire de cette ville par la Brigade de gendarmerie territoriale de Bangangté. L’objet de l’incarcération de ce défenseur des droits de l’homme est sa forte implication, avec la création de son association Frontline Fitghters for Citizens Interests, dans la dénonciation « au niveau supérieur des mauvais trafics des autorités administratives et traditionnelles de la région de l’Ouest, notamment les tortures et autres exactions du chef supérieur Bangangté contre les Bororos ». Des dénonciations qui, apprend-on, ne sont pas biens vues par certaines autorités administratives au solde du chef supérieur. Cependant, les informations présentées au Réseaux des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) souligne qu’il a été condamné pour les chefs d’accusation : « La destruction de biens publics et l’outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions ».

Tout commence le 4 décembre 2013. Franklin Mowha est immobilisé à la Brigade Ter de Bangangté, chef lieu du département du Ndé. Il s’était rendu dans cette unité militaire pour rendre visite au sieur Serge Nouyep, un membre du Mouvement des paysans du Cameroun (M-Pac) à Bangangté. Lequel y était gardé à vue pour une affaire d’abus de confiance passée en justice et pour laquelle il a dû gager un de ses biens, un camion d’une capacité de cinq tonnes en l’occurrence. A l’issu de cette immobilisation, Franklin Mowha est donc détenu dans les cellules de la Brigade Ter de Bangangté dès le 4 décembre 2013. « S’en suivra une bastonnade publique dans la cour de la brigade ordonnée par les autorités administrative de la dite Brigade et le Chef Supérieur Bangangté. Au cours de laquelle ils ne cesseront de lui dire : d’aller à Bamenda chez lui faire ses dénonciations, et que cette bastonnade : lui apprendra à bien se tenir », rapporte le Redhac.

Au regard de cette recrudescence des menaces à l’endroit des défenseurs des droits humains et leurs collaborateurs dans la sous région Afrique centrale en général et au Cameroun en particulier, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale, par le truchement de sa directrice exécutive, demande aux autorités camerounaises de « prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour la libération sans condition de Franklin Mowha dont le transit par la justice militaire n’est aucunement justifié ; et à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) et au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies d’intervenir urgemment auprès des Autorités Camerounaises afin qu’elles se conforment aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux Droits des Droits Humains des Défenseurs librement ratifiés par l’Etat du Cameroun ». Par ailleurs, il exige « qu’une enquête exhaustive, indépendante, impartiale soit menée quant aux faits décrits ci-dessus, afin d’identifier les responsables, les traduire devant un tribunal indépendant, conformément aux lois et règlementations de l’Etat du Cameroun et des  instruments nationaux et régionaux, pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi Camerounaise en matière de la lutte contre la torture, les actes inhumains dégradants et des arrestations arbitraires ».

© Camerpost.com: Frank William BATCHOU

  • Hilton Coulibaly

    une désolation pour l’humanité!! on combat toujours cette personne qui œuvre pour la bonne cause .on leur met des bâtons dans les roues juste pour qu’il abandonne .on y va jusqu’à les faire mourir …tristesse et désolation