Droits de l’homme : Human Rights Watch exhorte Obama à soulever la question avec Buhari – 21/07/2015

Muhammadu Buhari et barack obama | Kevin Lamarque / © Reuters
Muhammadu Buhari et barack obama | Kevin Lamarque / © Reuters

Le président américain Barack Obama a été invité par

Muhammadu Buhari et barack obama | Kevin Lamarque / © Reuters
Muhammadu Buhari et barack obama | Kevin Lamarque / © Reuters

à soulever les défis cruciaux des droits de l’homme au Nigeria avec le président Muhammadu Buhari qui est arrivé à Washington DC ce lundi pour une visite de haut niveau, a indiqué l’organisation de défense des droits humains dans une lettre adressée à Obama et publiée lundi.

Dans la lettre, l’organisation de défense des droits de l’homme a exhorté Obama à encourager Buhari à respecter son engagement qui est de veiller à ce que les forces de sécurité gouvernementales respectent les droits humains et d’aborder la question de la corruption récurrente qui a privé de nombreux Nigérians de leurs droits fondamentaux.

La visite de Buhari à Washington est un moment important pour la réévaluation de la relation entre Washington et Abuja, mais tout lien et soutien directs doit être abordé avec prudence, a déclaré Sarah Margon, directeur de Human Rights Watch à Washington. Si Washinghton discute de soutien financier ou technique en faveur des forces de sécurité du Nigeria, il devrait insister sur des points précis, notamment sur la façon dont elles vont assurer le respect des droits de l’homme, a-t-elle dit.

La visite de M. Buhari aux États-Unis, sa première depuis qu’il a été élu en mars dernier à la magistrature suprême du Nigéria, sera axée sur la tentative de renforcer la coopération bilatérale contre le terrorisme au Nigeria, en particulier contre le groupe rebelle islamiste militant de Boko Haram. Cette visite visera également à améliorer les relations économiques et commerciales entre les deux pays.

Le conflit dans le nord-est du pays entre Boko Haram et les forces de sécurité du Nigeria est devenu de plus en plus meurtrier et est l’un des défis cruciaux auxquels fait face la nouvelle administration du Nigeria. Quelque 8.000 civils auraient été tués depuis 2010 dont 400 depuis l’investiture de Buhari le 29 mai 2015.

Près d’un million de personnes se sont déplacées. Il existe de nombreuses preuves que les forces de Boko Haram ont commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le groupe a visé des civils au Nigeria, au Niger, au Cameroun et au Tchad, enlevé des centaines de femmes et de filles, conscrit de force de jeunes hommes et garçons et détruit des villages, des villes et des écoles.

En réponse à Boko Haram, les forces de sécurité du gouvernement nigérian ont été impliquées dans de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire relatives notamment à la détention secrète, aux exécutions extrajudiciaires et aux disparitions forcées. La police nigériane est également incontestablement impliquée dans plusieurs exécutions extrajudiciaires très médiatisées des membres de Boko Haram ou des suspects. Presque personne n’a été tenu pour responsable de crimes contre les droits de l’homme.

Le 13 juillet dernier, Buhari a remplacé le conseiller de sécurité nationale, le chef d’état-major de la défense et les chefs de services militaires.

Human Rights Watch a appelé Obama à presser Buhari de suspendre immédiatement de leurs fonctions tous membre des forces de sécurité du Nigeria, notamment les officiers supérieurs, contre qui il existe des preuves incontestables d’implication dans de graves violations des droits de l’homme et de les livrer à la justice pour qu’ils répondent de leurs actes dans des procès équitables.

Human Rights Watch a également exhorté Obama à soulever, avec Buhari, les questions de corruption ainsi que la nécessité d’abroger la loi sur l’interdiction du mariage homosexuel qui a été adopté au cours de la précédente administration du président Goodluck Jonathan.

Cette loi criminalise les manifestations publiques d’affection des couples de même sexe et pénalise les organismes défendant les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et personnes transgenres (LGBT).

© Camer Post avec © APA

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