Dr Konate Adama : « Il existe plutôt la cyber escroquerie en Côte d’Ivoire et non la cybercriminalité » – 23/05/2015

Dr Konate Adama, directeur de l’Ecole supérieure africaine des Tic (Esatic) | © CamerPost/FWB
Dr Konate Adama, directeur de l’Ecole supérieure africaine des Tic (Esatic) | © CamerPost/FWB

Rencontré au salon JNTIC à Abidjan en Côte d’Ivoire, le directeur de l’Ecole supérieure africaine des Tic (Esatic), Dr Konate Adama, explique comment sont formés des jeunes dans le secteur des Tic et donne son avis sur la cybercriminalité en Côte d’Ivoire.

Votre institut a déjà formé combien d’ivoirien ?

L’Esatic est l’école supérieure africaine des technologies de l’information et de la communication. C’est un établissement public national créé par le gouvernement pour former des cadres et des techniciens dans le secteur des Tic. Nous avons commencé, il y a trois ans. La première promotion vient d’être mise en stage et nous sortons 65 étudiants qui, d’ailleurs, ont dans la plupart du temps obtenu un premier emploi.

En quelles spécialités sont-ils formés ?

Ils sont spécialisés en génie logiciel, en réseau et télécommunication, sur la partie fibre optique, sur les aspects VDI (Voix, données, images) en informatique. Ils ont aussi des compétences sur la partie infographie. Nous avons surtout démarré la partie sécurité informatique avec eux. Mais l’avantage chez nous est que, au bout de chaque parcours, nous mettons une certification Microsoft, Cisco, Fibre optique, sécurité informatique… avec certaines universités de pointe. De sorte que l’étudiant, en plus de sa formation académique, à une certification qui augmente par deux ou par trois ses chances de trouver du travail dès qu’il sort.

Vous avez parlé de la sécurité informatique. De plus en plus, on parle de la croissance de la cybercriminalité en Côte d’Ivoire…

La cybercriminalité, il n’y en a pas véritablement en Côte d’Ivoire. Il y a de la cyber-escroquerie que les gens font par téléphone. L’aspect criminel n’est pas aussi développé comme on le dit partout. Aujourd’hui, le gouvernement nous a instruit de former des cadres qui sont bons pour sécuriser les systèmes. Nous avons noué des partenariats à l’étranger avec la première école française en termes de sécurité informatique qui est l’Institut Télécom Bretagne, avec qui nous avons monté un Master télécom à Abidjan. Aujourd’hui, nous formons des cadres des entreprises et les étudiants sur la sécurité informatique et la technologie.

Quand avez-vous débuté cette formation sur la sécurité informatique ?

Elle a commencé en novembre 2014 et la première promotion est en train d’achever. C’est un diplôme français reconnu par la confédération des entreprises françaises qui, pour la première fois, est installée en Côte d’Ivoire. A côté, l’Esatic est devenu un centre d’excellence de l’Union internationale des télécommunications. A ce titre, nous venons de finir le premier séminaire, il y a 3 ou 4 jours, sur la sécurité informatique et bientôt, nous allons aborder la sécurité des transactions électroniques financières et bancaires et en novembre 2015, nous allons aborder les questions de droit et réglementation de la sécurité informatique. Il y a deux instituts africains retenus par l’IUT pour ces formations : l’ESATI et l’Université du Rwanda.

En tant qu’école africaine, combien de nations africaines sont représentées dans cet institut ?

Nous avons commencé timidement. Nous devons avoir actuellement 5 nations mais les effectifs restent très faibles en termes d’étrangers. Nous y travaillons pour une plus grande ouverture. Dans le cadre du centre d’excellence en technologie du web qui a été ouvert avec l’IUT, des gens sont venus du Sénégal, du Gabon pour se former auprès des experts ivoiriens. Progressivement, nous irons vers tous les pays de la sous-région, notamment les pays francophones.

© CamerPost – Propos recueillis par Frank William BATCHOU à Abidjan

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