Documentaire sur Laurent Gbagbo : La DST interdit la diffusion à Douala

La prohibition a été faite, au moment de la diffusion ce samedi 11 janvier 2014, par la Direction de la surveillance du territoire arguant au passage, un probable trouble à l’ordre public après cette projection. Une démarche auprès des autorités administratives et sécuritaires locales est entamée par le journaliste et réalisateur camerounais Saïd Mbombo Penda pour sa reprogrammation.

Saïd Mbombo Penda
Saïd Mbombo Penda

Il est un peu plus de 11 heures ce samedi 11 janvier 2013. Les personnes invitées à assister à l’avant première, à Douala, du film documentaire « Laurent Gbagbo : Despote ou anticolonialiste… Le verbe et le sang » s’impatientent. Aucune explication n’est donnée ici après plus d’une heure de retard. « Ce n’est pas logique. A une certaine heure, je vais m’en aller parce que j’ai un programme très chargé ce jour », lâche un confrère. Les minutes s’égrainent. Finalement, Saïd Mbombo Penda, ex journaliste de la BBC Afrique et réalisateur du film à l’honneur, fait irruption dans la salle. Il est accompagné de quelques membres. C’est avec un désespoir avéré que Saïd Mbombo Penda s’adresse à l’assistance : « Nous nous excusons pour ce retard. Je suis accompagné du commissaire Nemi qui est le directeur de la surveillance du territoire que voici (en le pointant du doigt). Il a été envoyé par le directeur régional de la surveillance du territoire que j’ai eu au téléphone. Il interdit la diffusion de notre film en invoquant la thèse d’un probable trouble à l’ordre public ».

Incroyable quand on sait que ce documentaire a été diffusé à Abidjan en Côte-d’Ivoire et à Paris en France. Sans aucun incident. Or, « s’il fallait l’interdire, ça devrait être en Côte-d’Ivoire où on connait les tensions qui règne entre les deux camps. Dans mon propre pays, on m’interdit de diffusion, ce qui est anormal. Je prendrai attache avec les autorités locales pour leur expliquer que ce film n’a rien d’inquiétant pour la sécurité nationale. Nous voulons juste restituer une vérité que tant de personnes n’ayant pas vécu en Côte-d’Ivoire ignorent totalement », explique Saïd Penda. Alors qu’il s’efforce d’apporter certains éclaircis aux journalistes qui veulent en savoir davantage, il lui est demandé, par le commissaire Nemi, de quitter la salle rapidement. Toute chose rejetée par le réalisateur. « Nous sommes dans un pays de liberté quand même. Vous avez interdit la diffusion de mon film, j’ai exécuté. Vous ne pouvez pas m’interdire de discuter avec des amis. Qu’est ce qui ne va pas ? », s’interroge-t-il, le ton haussé. Avant d’être rapidement calmé.

Jusqu’à ce que nous quittions les lieux aux alentours de 13h, le commissaire était toujours là pour se rassurer que les ordres de la hiérarchie seront exécutés. En attendant la levée de cette mesure par les autorités locales pour découvrir l’intégralité du documentaire sur l’ex président de la République de Côte-d’Ivoire, les habitants de la ville de Douala devront se contenter de quelques extraits diffusés sur la page Facebook (Gbagbo documentaire). Comme on dit ici : le Cameroun, c’est (vraiment) le Cameroun !

© Camerpost.com: Frank William BATCHOU

  • Joel Branham

    HUM VRAIMENT , de toutes les facons nous ne voulons pas de trouble dans notre pays

  • Stéphanie Meuks

    comme çà

  • Foster Lavrov

    Pauvre Cameroun, c’est parti ou la non ingérence ???

  • Le Steph

    j’aimerais bien voir ce documentaire. j’espere qu’il va poster en ligne

  • Ryck Yene

    Ces intellectuels qui veulent des enveloppes de fric fusse l’argent du sang. Abidjan vous finance , c’est un fait

  • Willy Léonard Djappi

    Que Saïd aille montrer ses bêtises à ses corrupteurs. Laurent Gbagbo est un grand chef d’Etat africain.