Djayap Agrippine: « Il n’y a pas de motivation pour la can»

Djayap Agrippine, entraineur de Franck Rohlisseck FC. Elle s’exprime sur le choix du Cameroun comme organisateur de la Can 2016.

Djayap-Agrippine

Camerpost : La Confédération africaine de football a choisi le Cameroun pour abriter la prochaine Can féminine de football. Une première pour la Nation. Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

Djayap Agrippine : Je suis très contente. Notre football a ainsi la possibilité d’évoluer. Cette nouvelle est aussi de nature à ramener toutes les footballeuses d’origine camerounaise, éparpillées sur le globe. Nombreuses en effet sont allées chercher fortune ailleurs. Au Cameroun il n’y en a que pour les garçons. Cela amènera les dirigeants à mener une véritable réflexion sur l’avenir du football féminin au Cameroun. Dans des Nations telles l’Algérie, la Côte d’Ivoire ou la Guinée équatoriale les filles s’en sortent. Pourquoi pas au Cameroun ? Sans motivation on ne peut pas travailler.

Camerpost : Selon vous, le football féminin est-il lésé malgré son potentiel ?

Djayap Agrippine : Oui. Les clubs n’arrivent pas às’occuper des filles. En ce moment mon club est sans nouvelles de cinq de ses joueuses. Nous essayons tous les jours de faire des réajustements. Il se trouve que les camerounaises sont très demandées à l’extérieur. Elles se retrouvent en Guinée, au Nigéria, en Côte d’Ivoire. Elles acquièrent pour la plupart la nationalité du pays d’accueil. En Europe les clubs ne leur permettent pas de rejoindre la sélection pendant le championnat.

Camerpost : Le Cameroun peut-il remporter la Can qu’il organisera ?

Djayap Agrippine : Naturellement. Le Cameroun a un potentiel énorme. Nous pratiquons un très beau football, mais le football féminin n’est pas sponsorisé. Elles ont fait de leur mieux aux dernières compétitions internationales. Si des moyens ne sont pas mis à la disposition du football féminin, cela ne sera pas possible. La Fédération ne nous aide pas assez. Les filles ont besoin d’être logées, nourries convenablement. Toutes choses qui n’existent pas déjà. On leur remet parfois 1000 ou 2000 cfa. Aucune récupération possible dans ces conditions.

Propos recueillis par Olivier NDEMA EPO