Des parpaings à base de « kan wa »

C’est l’une des découvertes des Journées de l’Excellence scientifique 2013. Il s’agit d’un type de ciment adapté aux travaux de construction.

Le ciment géo polymère est le nouveau défi de la Mipromalo (Mission de Promotion des Matériaux locaux). Selon Téné Théophile, chimiste, il requiert « moins d’énergie que le ciment conventionnel.  Il s’obtient après 100 degrés de combustion seulement ». Réputé léger, il résiste aux fortes températures.  Il est dit ignifuge, car ne permet pas aux flammes de se développer. Il met les habitations à l’abri des incendies.

Le parpaing fait avec du kan wa tire ses origines de l’ancienne Egypte. Les pyramides étaient toutes exécutées ainsi. Le ciment était alors un mélange de kaolin, de natron et d’eau. Le kaolin est de l’argile blanche réputée durable. Le natron est le nom scientifique d’un produit utilisé en cuisine. Il est appelé kan wa dans le sud du Cameroun, ou kilbou dans le grand nord. Le natron permet de produire de la soude caustique, matériau important dans la production du ciment géo polymère. Les parpaings obtenus de ce mélange sont légers et très solides. Ceci explique d’ailleurs l’immensité des immeubles construits par les anciens égyptiens.

De nos jours la technique égyptienne fait école. Les scientifiques camerounais y voient une filière d’avenir. D’ailleurs l’esprit de la 4ème édition des Journées d’Excellence de la Recherche scientifique (Jersic) est assez évocateur. Le thème choisi en 2013 est : « recherche scientifique et technologique face aux catastrophes naturelles : défis et perspectives ». Pour l’heure la vulgarisation du ciment fait à base de kan wa est loin d’être acquise. Les populations camerounaises en font tout juste la connaissance. De plus le pays ne dispose pas de tout le matériau nécessaire à la confection du ciment géo polymère. Si le kaolin est disponible dans le Noun selon la Mipromalo, « le Cameroun doit en revanche importer du natron. Il faut pouvoir en trouver sur place (…) afin de construire de nombreuses maisons capables de supporter les catastrophes naturelles ».
  
L’utilisation scientifique du kan wa a été ressuscitée en Europe par le professeur Davidovic. Présentement le kan wa est utilisé dans l’industrie aéronautique américaine, pour la confection des ailes d’avions.  Une véritable découverte pour les visiteurs des Jersic 2013.

Olivier NDEMA EPO