Déchéance de la nationalité : François Hollande abandonne la réforme constitutionnelle

François Hollande lors de son allocution, mercredi 30 mars 2016 | © AFP / Stéphane de Sakuti
François Hollande lors de son allocution, mercredi 30 mars 2016 | © AFP / Stéphane de Sakuti

Quatre mois après l’avoir annoncé, le chef de l’Etat a fini par renoncer à son projet de réforme constitutionnelle sur l’extension de la déchéance de nationalité et l’état d’urgence, annoncé au lendemain des attentats du 13 novembre.

« J’ai décidé, après m’être entretenu avec les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, de clore le débat constitutionnel » ; c’est en ces termes que le Chef de l’Etat met fin au processus interminable qui a été la cause du départ de Christiane Taubira alors ministre de la justice et garde des sceaux. L’opinion publique s’est peu à peu lassée d’un débat insoluble pour la classe politique.  La gauche a été déchirée, puisque ce sont les mêmes mesures qui ont poussé Martine Aubry à sortir de son silence et à rédiger une tribune assassine contre la gauche. Face au dysfonctionnement de la navette entre l’Assemblée nationale et le Sénat, le président n’avait selon le politologue Gaël Sliman pas beaucoup d’autres choix que de sauver les meubles. « Bien sûr que c’est calamiteux d’avoir fait tout ça mais je pense que cela aurait été pire pour lui de s’obstiner », affirme t-il.

« Le terrorisme islamique nous a déclaré la guerre », a affirmé le président  Hollande au début de son intervention. Il a rappelé les mesures prises pour faire face au terrorisme ; moyens pour les forces de sécurité, réforme pénale. « J’avais également proposé une révision de la Constitution pour mieux garantir l’utilisation de l’état d’urgence et pour priver de la nationalité française les terroristes qui portent les armes contre leur propre pays. Je l’avais fait en appelant à un dépassement des frontières partisanes. (…) Il fallait qu’il y ait un acte qui puisse témoigner de ce que nous voulions faire ensemble », a-t-il souligné.

 Et c’est un échec très cuisant pour François Hollande. Ce dernier qui toutefois  rejette la faute sur la droite, a déclaré : «Je constate aussi qu’une partie de l’opposition est hostile à toute réforme constitutionnelle, (…) je déplore profondément cette attitude ».

Il enterre ainsi la mesure la plus symbolique qu’il avait annoncée à Versailles le 14 novembre 2015, trois jours après les attentats de Paris qui firent 130 morts et 413 blessés hospitalisés.

François Hollande, un président  impopulaire en France mais populaire en Europe

D’après le baromètre Odoxa, la cote de popularité du président français est à son plus bas niveau depuis novembre 2014. Il recueille 45 pour cent d’opinions favorables à gauche contre 54 pour cent d’opinions défavorables. 1 pour cent ne se prononce pas.

Odoxa a aussi interrogé des « échantillons représentatifs » d’électeurs européens sur le président de la République. 56 pour cent des sondés allemands, 54 pour cent des sondés espagnols, 50 pour cent des sondés italiens et 49 pour cent des sondés britanniques ont une opinion favorable de François Hollande.

  Ce n’est pas uniquement François Hollande qui enregistre un niveau de popularité déplorable. Son Premier ministre Manuel Valls a recueilli plus de 68 pour cent d’opinions défavorables contre 31 pour cent d’opinions favorables et 1 pour cent qui ne se prononce pas. D’après ce baromètre, le locataire de Matignon perd 8 points de satisfaction chez les partisans de droite et 23 pour cent auprès des sympathisants du Front national.

© CAMERPOST par Eliane Ndounkeu

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