Décès de Monique Koumate : les camerounais exigent la démission de Mama Fouda

Manifestation devant la maternité de l'hôpital Laquintinie de Douala suite au décès de Monique Koumaté et de ses jumaux | © Facebook/DR
Manifestation devant la maternité de l’hôpital Laquintinie de Douala suite au décès de Monique Koumaté et de ses jumaux | © Facebook/DR

Ils ont exprimé leur mécontentement, ce dimanche 13 mars 2016 au cours d’une manifestation qui s’est tenue à l’entrée de l’hôpital Laquintinie de Douala. De même la démission du directeur de cette institution est attendue.

 L’émotion était vive à l’hôpital Laquintinie de Douala ce dimanche 13 mars 2016.  Il est environ 15h, des hommes et femmes vêtus de noir, malgré la pluie, sont venus manifester leur mécontentement à la suite de la scène horrible qui s’est déroulée dans cette institution la veille. «Plus jamais de Monique Koumate  dans mon pays..», peut-on lire sur les banderoles. Mouchoirs blancs et bougies allumées en main, la manifestation qui au départ a été spontanée, a connu une forte mobilisation. Hommes politiques, usagers lambda et autres y ont pris part.  Bref  ici la précision est faite dès l’entame du mouvement, «on ne veut pas de récupération politique, nous n’appartenons pas à une association, mais nous voulons que justice soit faite», précise un jeune.  La tension monte et d’autres sont plus radicaux. Après l’exécution de l’hymne national en scandant les mouchoirs blancs, et la foule va reprendre en cœur. «Mama Fouda, démissionne , le directeur de Laquintinie , démissionne». Un spectacle qui se déroule aux yeux des hommes en tenue qui ont quadrillé le secteur et imposé une  barrière de sécurité, avec comme témoin les médias nationaux et internationaux. Manifestation qui se veut tout d’abord pacifique et quelques participants déclinent. « Si nous sommes calmes ce n’est pas par peur. Nous n’avons pas tous des millions pour évacuer nos familles en occident,  les hôpitaux publics doivent être des lieux où les pauvres  peuvent avoir les premiers soins. Nous revendiquons tout simplement la démission  du ministre de la Santé Publique, du directeur de l’hôpital Laquintinie. Ça doit s’arrêter, les gens ne doivent plus mourir de cette façon», dénonce un jeune. «Un médecin qui n’a pas d’humanité au fond de lui est un criminel», ajoute un autre jeune. « Hôpital de la mort, hôpital de l’injustice », tels sont les mots durs qu’on a pu entendre. Et si cette manifestation n’est pas du commun des camerounais, c’est bien pour siffler selon certains, la fin de la récréation. «Il faut  qu’on arrête, il faut que dans ce pays qu’on ait le minimum qui est  la santé. Il faut bien que quand quelqu’un franchit la  porte d’un hôpital qu’il se dise qu’il va retrouver la guérison et non mourir et c’est cela que nous sommes sortis », précise un manifestant.

Il faut le signaler, l’incident de ce samedi 12 mars 2016 à Laquintinie, intervient au perron de la nouvelle maternité inaugurée le lundi 22 février 2016. Le ministre de la santé Publique qui inaugurait ce centre, précisait que c’était une solution  pour la réduction du taux de mortalité maternelle. «Le président de la république est préoccupé par le taux élevé de décès maternel, et néonataux,  et des instructions ont été données de moderniser toutes les maternités», affirmait le ministre sous les applaudissements du personnel. Et quelques semaines après, c’est le sang d’une jeune femme et de ses deux enfants qui coule à l’entrée de ce bâtiment dont les capacités ont été vantées ce jour.  Un spectacle  horrible qui n’a malheureusement pas ému le corps médical de cette institution.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Lucienne Wouassi