Débarquement en Normandie : Poutine sera aux cérémonies, l’Ukraine en arrière-plan -09/05/2014

Le président russe, Vladimir Poutine, assistera à la commémoration du débarquement en Normandie le 6 juin en hommage aux morts de la seconde guerre mondiale, mais l’exercice s’annonce diplomatiquement risqué sur fond de crise ukrainienne et de boycott du sommet du G8 à Sotchi par les Occidentaux. M. Poutine a été jugé par Paris « bienvenu » à cette commémoration, au titre du tribut payé par la Russie dans la bataille contre le nazisme, et sa présence a été confirmée jeudi 8 mai par l’ambassadeur de Russie en France.

Vladimir Poutine le 8 mai à Moscou. | AP/Alexei Nikolsky
Vladimir Poutine le 8 mai à Moscou. | AP/Alexei Nikolsky

Juste avant cette cérémonie en Normandie, à laquelle participeront notamment le président américain, Barack Obama, et la chancelière allemande, Angela Merkel, les dirigeants occidentaux se seront réunis à Bruxelles en G7 — sans la Russie — les 4 et 5 juin, en remplacement d’un sommet du G8 initialement prévu aux mêmes dates dans la ville de Sotchi. A la fin de mars, les chefs d’Etat et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés avaient décidé d’annuler le G8 après le rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie, un geste fort qui visait à sanctionner Moscou.

 

« Maintenir toujours le dialogue »

Si M. Poutine vient de changer de ton sur l’Ukraine en demandant le report du référendum séparatiste pro-russe dans l’Est, ce geste ne signifie en rien qu’il renonce à ses objectifs. Signe de la réserve américaine, Washington a annoncé ne pas prévoir de rencontre en tête à tête entre M. Obama et son homologue russe lors de la commémoration.

La chancelière allemande s’est de son côté réjouie de la venue de M. Poutine, tout en réaffirmant son soutien à l’Ukraine. « Je souhaitais que nous puissions, malgré nos opinions différentes, et malgré les conflits importants (…) célébrer cette période difficile de la seconde guerre mondiale. Je trouve donc que c’est une bonne nouvelle », a-t-elle dit, tout en soulignant qu’il pouvait « se passer encore beaucoup de choses d’ici » au 6 juin. Revenant sur la crise ukrainienne, la chancelière a répété qu’elle jugeait « bon de maintenir toujours d’un côté le dialogue, mais aussi de dire clairement que nous soutenons l’Ukraine, [et] si tout cela ne marche pas, de garder en vue la possibilité de sanctions » contre Moscou.

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