Coupe du Monde de football 2022 : Le Mondial au Qatar, une erreur sous pression selon Blatter – 19/05/2014

Le président de la FIFA, dans une interview à la télévision suisse RTS, a reconnu pour la première fois que le choix du Qatar pour organiser le Mondial en 2022 était une mauvaise solution.

Sepp Blatter, président de la Fédération internationale de football associations (FIFA).
Sepp Blatter, président de la Fédération internationale de football associations (FIFA).

A la question de savoir si organiser le Mondial au Qatar n’était pas une erreur, étant donné les conditions climatiques au mois de juin, Sepp Blatter a répondu: “Bien sûr”, avant de se reprendre: “On commet beaucoup d’erreurs dans la vie. Le rapport technique du Qatar indiquait bien qu’il faisait trop chaud en été. Mais le Comité exécutif, avec une majorité assez large, a quand même décidé de jouer au Qatar.” Des soupçons de corruption ? “Jamais je ne dirai qu’ils ont acheté car c’était une poussée politique aussi bien en France qu’en Allemagne. On sait très bien que les grandes maisons françaises et les grandes maisons allemandes travaillent au Qatar, et pas que pour la Coupe du monde. La Coupe du monde n’est qu’une petite chose par rapport à ce qui se passe au Qatar.” En moins d’une minute, le Suisse a planté le décor, et assuré sa défense, en plaçant la responsabilité de ce choix sur d’autres, et notamment sur certains pays qui pourraient bien se trouver contre lui lors de la prochaine élection à la FIFA.

Dans cette interview, celui qui visera un 5e mandat l’année prochaine à la tête de la FIFA, a déclaré : “On commet beaucoup d’erreurs dans la vie. Le Comité exécutif, avec une majorité assez large, a décidé de jouer au Qatar.”

Ce n’est un secret pour personne, Michel Platini, le président de l’UEFA, est fortement tenté par un mandat à la tête de la FIFA. Le français est poussé par de nombreuses fédérations européennes, et notamment par l’Allemagne où Karl-Heinz Rummenigge, dirigeant puissant du Bayern Munich, est l’un de ses proches. Les deux ont beaucoup fait pour imposer le fair-play financier dans les épreuves européennes.

Dans cette quête de cinquième mandat, Sepp Blatter a placé ses pions. Face à l’UEFA et aux nations européennes riches, lui joue la carte des nations plus petites: “On dit que Blatter prend l’argent des riches pour le donner aux pauvres. Et ceux-ci votent pour lui. Mais allez faire un reportage dans beaucoup de petits pays du monde et demandez-leur ce qu’ils pensent de la FIFA.” C’est aussi une façon de répondre à la grogne au Brésil, où les manifestants s’en prennent à la FIFA, accusée d’imposer à leur pays des dépenses très importantes aux dépens de la santé ou de l’éducation

Sepp Blatter sait qu’en cas de candidature de Platini, il ne pourra compter que modérément sur les voix européennes. Il devra donc faire le plein dans le reste du monde. Il ne peut surtout pas se permettre d’avoir l’image d’un président de la FIFA qui a obligé un pays émergent à s’endetter et à consacrer des sommes colossales à l’organisation d’une Coupe du monde aux dépens d’autres dépenses pour la société de ce pays. Si la campagne électorale n’est pas encore commencée, Sepp Blatter est déjà pleinement engagé dans les grandes manœuvres.

© Camerpost – Hakim ABDELKADER

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