Côte d’Ivoire : vote dans le calme pour l’élection du prochain président

Alassane Ouattara dépose son bulletin dans l'urne aux côtés de son épouse, Dominique Ouattara, dimanche 25 octobre. | © AFP/SIA KAMBOU
Alassane Ouattara dépose son bulletin dans l’urne aux côtés de son épouse, Dominique Ouattara, dimanche 25 octobre. | © AFP/SIA KAMBOU

Ce dimanche 25 octobre, ce sont près de 6,3 millions d’Ivoiriens qui sont attendus aux urnes.

Depuis 7 heures du matin, à Abidjan, la capitale économique, les électeurs font la queue devant les bureaux de vote sous une pluie quasi incessante.  « C’est le bonheur d’ADO (initiales d’Alassane Dramane Ouattara, qui lui servent de surnom) qui frappe le pays », lance une vendeuse de Cocody qui ne cache pas son intention de voter pour le président sortant, alors que d’autres y voient surtout « un mauvais présage » ou un facteur supplémentaire qui pourrait décourager certains électeurs d’aller voter.

La participation étant l’un des enjeux majeurs de cette élection, les prévisions météorologiques se retrouvent ainsi au cœur des discussions entre les observateurs de la société civile et les militants politiques venus accomplir leur devoir citoyen.

Sur le terrain, l’affluence varie fortement selon les quartiers. Très forte dans les communes populaires d’Abobo et d’Adjamé, réputées favorables à Alassane Ouattara et beaucoup plus faible à Yopougon, considérée comme un fief du Front populaire ivoirien de l’ex-Président Laurent Gbagbo, dont une frange importante a appelé au boycott pur et simple du scrutin. Et si de nombreux bureau de vote ont ouvert avec du retard – 89% d’entre eux ont ouvert avant 10h30 et seulement 58% avant 8 heures, selon les observations de la Plateforme des organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (Poeci) – le vote se déroule depuis dans le calme.

Quelques couacs et des longues files d’attente

À Anyama, une commune située au nord d’Abidjan, les habitants sont sortis en nombre pour voter. La ville est un fief de Ouattara et, dans les bureaux de vote, on attend de longues minutes pour aller apporter son soutien à celui « pour qui on a tant souffert lors de la crise de 2010 et même bien avant ». Dans une école du centre-ville, neufs bureaux de vote ont été regroupés. Dans chacun, une équipe de trois ou quatre personnes guidant les électeurs à chacune des étapes : identification, émargement, vote, etc.

Les personnes âgées sont accueillies prioritairement et se voient expliquer pendant de longues minutes le processus et le fonctionnement de tablettes biométriques censées prendre leurs empreintes digitales et les identifier. Dans la file, on s’agace parfois de cette attente. Surtout quand les fameuses tablettes numériques, maniées par des agents qui semblent parfois très peu à l’aise avec l’outil, se mettent à « bugger ». « Essayez de vous laver les mains, madame, et on ressaiera ensuite de prendre vos empreintes, s’entend dire par exemple une électrice, qui reviendra quinze minutes plus tard retenter sa chance, mais sans plus de succès. Dans ce bureau de vote, peu avant 13 heures, les superviseurs décideront d’abandonner les vérifications biométriques et de « retourner à l’ancienne méthode » : vérification des identités sur la liste électorale fournie par les autorités.

Dans la plupart des bureaux de vote que Jeune Afrique a pu vérifier en cette matinée, à Anyama, Abobo et Adjamé, des représentants du RHDP (la coalition au pouvoir) étaient présents partout afin de s’assurer du bon déroulement du scrutin. Rares, en revanche, étaient ceux des six autres candidats demeurés en lice (Henriette Adjoa Lagou, Jacqueline Claire Kouangoua, Siméon Kouadio Konan, Kacou Gnangbo, Bertin Konan Kouadio et Pascal Affi N’Guessan). Dans un bureau de vote d’Anyama, un représentant du FPI avoue même que dix d’entre eux devaient être présents sur les lieux, mais que depuis hier, « ils ont comme disparus ».

Les premières estimations et tendances du vote (notamment le taux de participation) de la Commission électorale indépendante (CEI) sont attendues pour la fin d’après-midi.

Source : © Jeune Afrique

Par Haby Niakate