Côte d’Ivoire – Déversement illégal des déchets toxiques : Les victimes réclament toujours la réparation du préjudice subi 10 ans après

La cargaison de déchets toxiques du Probo Koala qui aurait dû être décontaminée aux Pays-Bas, avait été répandue dans des décharges autour d’Abidjan, provoquant la mort de 17 personnes, en septembre 2006. | © AFP / Issouf Sanogo
La cargaison de déchets toxiques du Probo Koala qui aurait dû être décontaminée aux Pays-Bas, avait été répandue dans des décharges autour d’Abidjan, provoquant la mort de 17 personnes, en septembre 2006. | © AFP / Issouf Sanogo

Selon un communiqué de l’APO, ce vendredi 19 août 2016 marque le 10ème anniversaire du déversement illégal de déchets toxiques en Côte d’Ivoire. Un événement qui pousse un groupe d’experts des Nations Unies à réagir. Ces derniers, en effet, exhortent le gouvernement ivoirien, l’ensemble des Etats responsables et de la communauté internationale à saisir cette occasion pour aborder les répercussions constantes des droits de l’incident. Les spécialistes des droits de l’homme de l’Onu appellent aussi Trafigura, la compagnie derrière l’incident ‘Probo Koala “, à soutenir ce processus en divulguant tous les renseignements dont elle dispose, concernant le contenu et la nature des déchets déversés dans la Côte d’Ivoire, et de sa probable continuité des conséquences sur la santé et l’environnement.

Ce n’est pas un hasard que le groupe d’experts des Nations Unies revient là-dessus. Surtout que ce groupe estime que dix ans après, les victimes du dumping et autres résidents à Abidjan restent dans l’ignorance  des dangers actuels pour leur santé. « Les résidents se plaignent encore  de l’odeur de déchets lors des fortes pluies, ainsi que des maux de tête, des problèmes de peau et de troubles respiratoires dont ils pensent qu’ils sont liés à cette affaire », soulignent les concernés qui renchérissent : « de nombreuses victimes n’ont pas reçu une réparation adéquate pour les préjudices causés par l’affaire et déclarent qu’elles n’ont pas été en mesure de se payer un traitement médical notamment après octobre 2006 quand le traitement médical gratuit  applicable avait pris fin ».

Rappelons à ce propos et à la suite des recherches faites par CAMERPOST, que le 19 août 2006, le cargo ‘Probo Koala’ avait déchargé 500 tonnes (ou l’équivalent de plus de douze conteneurs d’expédition de 20 pieds) des déchets toxiques à Abidjan, Côte d’Ivoire. Les substances dangereuses, qui appartenaient à la société l’anglo-néerlandaise de négoces de matières premières Trafigura, ont ensuite été abandonnées dans  18 sites  autour de la ville tandis que de nombreux autres endroits où les déchets ont été potentiellement déversés demeurent inconnus à ce jour. Un mois plus tôt, Trafigura avait décidé de ne pas éliminer  des déchets toxiques aux Pays-Bas  parce qu’une élimination appropriée des déchets coûte plus cher. Selon les estimations officielles, 15 personnes avaient perdu la vie, 69 personnes hospitalisées et plus de 108 000 personnes ont demandé un traitement médical après ce qu’on a appelé « l’affaire du Probo Koala ».

© CAMERPOST par Linda Mbiapa