Côte d’Ivoire : Confusion autour de la tenue du procès de Simone Gbagbo mercredi – 21/10/2014

© Hervé Sevi, AFP | Affiche du FPI apportant son soutien à Simone Gbagbo.
© Hervé Sevi, AFP | Affiche du FPI apportant son soutien à Simone Gbagbo.

L’organisation du procès de l’ex-Première dame ivoirienne et de 82 figures de l’opposition censé débuter mercredi a pris du retard, indiquent plusieurs sources. Les premières audiences ne devraient pas se tenir avant deux semaines, selon la défense.

À la veille du procès, à Abidjan, de l’ex-Première dame ivoirienne Simone Gbagbo et de quelque 80 figures de l’opposition, dont Michel, le fils de l’ancien couple présidentiel, la confusion règne autour de la tenue ce qui devrait constituer la plus grande procédure judiciaire en assises jamais organisée en Côte d’Ivoire.

Selon plusieurs sources, l’organisation du procès a pris du retard. À en croire l’un des avocats de la défense, les audiences ne pourront débuter avant deux semaines. “Sur le plan procédural, ce n’est pas possible. Nous sommes encore en train d’accomplir les actes préliminaires”, a estimé, mardi 20 octobre, Me Mathurin Dirabou, le doyen des avocats d’Abidjan qui défend Gilbert Aké N’Gbo, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo.

Selon des sources judiciaires, le délai pourrait même être de trois semaines. Interrogé par l’AFP, le ministère de la Justice a indiqué que le procès était encore “en phase préparatoire”.

De son côté, l’un des prévenus, Pascal Affi N’Guessan, a dénoncé un procès “politique”. Le régime veut “décapiter et museler l’opposition à l’approche des échéances électorales de 2015″, et au-delà de ces élections, il veut faire reculer la Côte d’Ivoire au temps du parti unique, a accusé le président du Front populaire ivoirien (FPI), le parti créé par l’ancien chef de l’État ivoirien. Le pouvoir a choisi la fuite en avant. Le FPI et les démocrates de Côte d’Ivoire ne se déroberont pas.”

Selon plusieurs de ses proches, Simone Gbagbo souhaite assister aux audiences et devrait être transférée d’Odienné, ville du nord du pays où elle est détenue, à Abidjan. Mais reste à savoir quand.

“Atteinte à la défense nationale”

Surnommée la “Dame de fer”, l’ancienne Première dame, aujourd’hui âgée de 65 ans, est accusée par la Cour pénale internationale (CPI) de “crimes contre l’humanité” commis durant la crise postélectorale de 2010-2011 et par la justice ivoirienne de “génocide”. Les “crimes de sang” ne seront toutefois pas couverts par le procès à venir, strictement consacré aux faits d'”atteinte à la défense nationale” ou encore d'”attentat ou complot contre l’autorité de l’État”.

Le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin présidentiel de décembre 2010 face à Alassane Ouattara avait embrasé le pays. Les violences avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois.

Le pouvoir ivoirien refuse de transférer son épouse Simone vers La Haye, estimant être en mesure de lui organiser un procès équitable en Côte d’Ivoire. Sur les 89 personnes initialement poursuivies, cinq ont bénéficié d’un non-lieu et une est décédée durant son incarcération, a relevé le FPI.

Par © AFP

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