Côte-d’Ivoire : Attention, trafic de sperme ! – 08/09/2014

Messieurs, ne laissez plus traîner votre liquide séminal. Le “jus d’homme” se vendrait à prix d’or, et à votre insu, au bord de la Lagune Ebrié. La rumeur bruisse du côté d’Abidjan…

Dessin de GLEZ - © Jeune Afrique
Dessin de GLEZ – © Jeune Afrique

Les spermatozoïdes ne servent pas seulement à féconder les ovules. Les précieux gamètes seraient utilisés par des marabouts dans des rituels qui concernent plus ou moins leur “producteur”. La rumeur n’est pas nouvelle, mais un véritable buzz traverse actuellement la capitale économique ivoirienne, notamment via les sites d’information locaux. Sexe et argent ont toujours constitué un cocktail explosif. Là encore, la dramaturgie fonctionne à plein régime, puisque la dose de sperme se vendrait entre 10 000 et 15 000 francs CFA.

Les trafiquants seraient ces “brouteurs” qui ne manquent jamais d’imagination pour arnaquer le commun des Ivoiriens. Leurs sources principales d’approvisionnement seraient les hôtels, en particulier ceux qui ont la réputation d’abriter les amours illégitimes. Qui dit coït infidèle dit utilisation de préservatifs -et donc packaging pour la marchandise- et qui dit tromperie dit souvent précipitation. Les fournisseurs de ce trafic “juteux” seraient certains tenanciers des établissements de passe ou des prostituées. Ces filles de joie gagneraient donc moins par leurs prestations corporelles que par la récupération des condoms usagés.

À défaut de pouvoir obtenir ainsi de grandes quantités de liquide humain, les tenants de ce curieux commerce s’adresseraient parfois directement à de jeunes des quartiers défavorisés. Ces derniers céderaient le fruit d’une masturbation comme on donne son sang. Mais pas gratuitement…

Il n’est pas nouveau que les féticheurs  affectionnent les “ingrédients” humains. Si la quête de lambeaux de peau, de bouts de langue ou de tout organe conduit à des issues tragiques comme des crimes rituels, la collecte de cheveux, de rognures d’ongles ou de liquide séminal a de moindres conséquences. Sauf à considérer que le fruit de la saillie touche au plus intime et à la virilité. Sauf à croire aux effets des pratiques occultes…

Dans de rares cas, c’est contre le propriétaire du sperme que les sorts seraient dirigés. En 2012 déjà, une prostituée d’Afrique de l’Ouest témoignait qu’un des clients à qui elle avait volé la semence était tombé gravement malade. Mais la plupart du temps, qu’importe l’infortuné “donneur”. Utilisé dans un rituel mystique, un sperme anonyme aurait le pouvoir de raffermir les liens d’affection entre une femme délaissée et son mari. Il aurait même des effets dans des domaines sans rapport avec la vie de couple. Il constituerait un ingrédient parmi d’autres pour faire fructifier un commerce ou booster une carrière politique.

Le phénomène n’est pas nouveau et ne touche pas que la Côte d’Ivoire. Des rumeurs comparables circulent au Ghana depuis plus de trois ans. Le liquide s’exporterait même jusqu’au Niger. Au Zimbabwe, le “jus d’homme” serait tout aussi prisé. En octobre 2011, trois jeunes femmes, âgées de 24 à 26 ans, auraient ainsi été interpellées avec 31 préservatifs usagés dans le coffre de leur véhicule. Certaines zimbabwéennes auraient même drogué des auto-stoppeurs, les obligeant ensuite à des rapports sexuels. La “traite” achevée, elles auraient conservé les préservatifs.

À l’heure où la fièvre Ebola suggère de ce méfier des fluides corporels, il n’est certainement pas une bonne idée de manipuler les préservatifs abandonnés dans les chambres de passe.

Source : Jeune Afrique

Par Damien Glez

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