Côte d’Ivoire  – Acquittement de Simone Gbagbo : des organisations internationales peu satisfaites

 

L'ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, lors de son deuxième procès devant la justice ivoirienne à Abidjan, le 31 mai 2016. | © ISSOUF SANOGO / AFP
L’ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, lors de son deuxième procès devant la justice ivoirienne à Abidjan, le 31 mai 2016. | © ISSOUF SANOGO / AFP

D’après un communiqué d’APO parcouru par CAMERPOST, le procès qui vient d’acquitter l’épouse de Laurent Gbagbo fut une occasion ratée de rendre justice.

Du moins c’est ce qu’affirment la FIDH, la LIDHO et le MIDH. Tous réitèrent leur appel à la tenue d’un procès visant les 150 auteurs présumés des crimes commis en 2010 et 2011, et inculpés par la justice ivoirienne. Ces interlocuteurs font savoir que lutter contre l’impunité et rendre justice aux victimes est nécessaire et possible en Côte d’Ivoire. Pour cela, une politique de poursuite cohérente doit être mise en œuvre.

« Comme nous le craignions et l’avions annoncé, ce procès a été un véritable fiasco tant sur la forme, avec de nombreuses irrégularités, que sur le fond, avec un dossier et des débats qui n’ont malheureusement pas permis d’établir la responsabilité individuelle de l’ancienne première dame dans les crimes commis pendant la crise post-électorale », a relevé Dimitris Christopoulos, président de la FIDH. Il ajoute : « cet échec doit constituer un électrochoc et conduire la justice ivoirienne à organiser enfin les procès cohérents et solides attendus par les milliers de victimes de la crise post-électorale et par la société ivoirienne dans son ensemble ».

Le communiqué note qu’initialement prévu pour durer quelques semaines, le procès que « nos organisations ont suivi dans son intégralité, aura finalement duré dix mois, ponctués par de nombreux renvois, des témoignages souvent inconsistants ou éloignés des faits visés, et le retrait des différents avocats de Madame Gbagbo », constatent les plaignants. Ils attendent publier prochainement un rapport d’observation du procès, qui reviendra sur l’ensemble de la procédure et formulera des recommandations pour les procédures judiciaires encore en cours d’instruction. « La Côte d’Ivoire ne pourra pas faire l’économie de la justice sans mettre en péril sa stabilité à moyen terme. Les autorités judiciaires doivent donc tirer les leçons de ce nouvel échec, après le procès des atteintes à la sûreté de l’État de 2015. Une stratégie de poursuite adaptée et transparente pour les dossiers en cours doit être mise en œuvre, comme nous le demandons depuis maintenant 3 ans » déclare Me Drissa Traore, vice-président de la FIDH.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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