Corruption à la Fifa : le Maroc aurait-il dû organiser le Mondial 2010 et non l’Afrique du Sud ? – 08/06/2015

Sepp Blatter, président de la Fifa, dévoile le nom du pays hôte de la Coupe du monde 2010, le 15 mai 2004 à Zurich | © AFP/KURT SCHORRER
Sepp Blatter, président de la Fifa, dévoile le nom du pays hôte de la Coupe du monde 2010, le 15 mai 2004 à Zurich | © AFP/KURT SCHORRER

Après quelques jours d’accalmie, nouvelles révélations sur la corruption au sein de la Fifa. Selon le Sunday Times, c’est le Maroc et non l’Afrique du Sud qui aurait dû remporter l’organisation de la Coupe du Monde 2010. Le journal britannique affirme détenir la preuve que le vote a été trafiqué.

C’est un enregistrement de 2010 qui serait à la base des révélations du Sunday Times. On entendrait Ismail Bhamjee, un ancien membre du comité exécutif de la Fifa, évoquer un vote favorable au Maroc mais maquillé à l’avantage de l’Afrique du Sud pour qu’elle organise la Coupe du Monde 2010.

Bhamjee confie notamment « que l’urne du vote a été ouverte dans un local fermé et délibérément mal dépouillée ». Le Sunday Times affirme avoir transmis les enregistrements à la Fifa, qui n’a visiblement pas donné suite.

D’autre part, le journal britannique indique que le Maroc et l’Afrique du Sud ont essayé ou ont réussi à soudoyer des officiels. Le sulfureux Jack Warner, à l’époque vice-président de l’instance, aurait d’ailleurs accepté des pots-de-vin des deux parties tout en incitant l’Egypte au chantage.

Hors de question pour les Egyptiens. Warner a donc voté pour l’Afrique du Sud, plus généreuse. 10 millions de dollars versés à sa Fédération, la Concacaf, et détournés en partie par Warner à son usage personnel. C’est l’autre révélation de ses dernières heures, et un nouveau camouflet pour la Fifa.

Les Mondiaux 2018 et 2022 menacés

Il est par ailleurs à noter que hier, suite à ces nombreuses accusations, la Fifa a pour la première fois laissé entendre que la Russie et le Qatar pourraient perdre l’organisation des Coupes du Monde 2018 et 2022. Selon Domenico Scala, le président du comité d’audit de la Fifa, « il faudra pour ça apporter la preuve qu’elles ont été attribuées avec l’aide de la corruption ».

Source : © RFI