Coopération militaire France – Cameroun : ensemble au front

Audience au palais de l'Unité entre le général Charles de Kersabiec et le président Paul Biya | © PRC
Audience au palais de l’Unité entre le général Charles de Kersabiec et le président Paul Biya | © PRC

La lutte contre le terrorisme au centre de l’audience que le chef de l’Etat a accordée hier au commandant des Eléments français au Gabon, le général Charles de Kersabiec.

« J’étais très heureux d’être reçu par le président de la République, encouragé dans les actions que nous menons et orienté sur celles que nous pouvons mener à l’avenir pour augmenter cette coopération qui est déjà excellente ». Le commandant des Eléments français au Gabon (EFG), le général Charles de Kersabiec, a gardé son flegme professionnel pour résumer l’entretien qu’il venait d’avoir avec le chef de l’Etat, Paul Biya, au palais de l’Unité. En séjour au Cameroun dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Cameroun et la France, le patron des forces françaises au Gabon qu’accompagnait l’Ambassadeur de France au Cameroun, Gilles Thibault a revisité pendant près d’une heure, avec son hôte, la coopération militaire, vieille de plusieurs décennies, entre le Cameroun et la France. L’évaluation de la lutte contre la secte Boko Haram et la situation sécuritaire en Centrafrique ont constitué le menu de cet échange, dans une ambiance empreinte de convivialité et de cordialité.

Le Cameroun bénéficie du soutien stratégique et logistique de la France depuis le déclenchement de la guerre contre la secte Boko Haram. Cet appui français s’exprime à travers l’échange de renseignements, la formation des forces spéciales et l’appui logistique pour accroître les capacités opérationnelles des troupes camerounaises au front. Preuve de cette solidarité française, mercredi dernier, l’Ambassadeur de France a remis un second don de dix véhicules tactiques et cinq camions de transport dont un sanitaire tout-équipés d’armements et de matériel de transmission, d’une valeur de 430 millions de Fcfa destiné aux forces armées camerounaises engagées dans la lutte contre Boko Haram.  En janvier de cette année, la France avait déjà fait le même geste d’une valeur de 318 millions de Fcfa à l’endroit des forces spéciales.  « Le président de la République, Paul Biya a bien voulu nous témoigner sa satisfaction pour les domaines dans lesquels nous coopérons en particulier dans la lutte contre Boko Haram », souligne l’ancien Attaché de Défense auprès de l’Ambassade de France au Cameroun. Avec plusieurs formations en 2016, la France a notamment contribué à la formation de spécialistes dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED). En tout, 180 spécialistes moniteurs, destructeurs et ouvreurs d’itinéraires opérant dans la région de l’Extrême-Nord ont été formés auprès de militaires français et de nouvelles formations sont d’ores et déjà prévues pour l’année 2017.

L’évolution de la situation sécuritaire en Centrafrique a également été au centre de l’échange tête-à-tête entre le chef de l’Etat camerounais et le général français. A titre de rappel, le Cameroun et la France ont beaucoup œuvré pour la stabilisation de la situation sécuritaire dans ce pays voisin du Cameroun. Le retrait imminent par la France des troupes de l’opération « Sangaris » appelle à une nouvelle configuration des actions de pacification dans ce pays. « Il ne s’agit pas pour nous d’abandonner ce pays mais d’envisager maintenant une coopération plus active pour pouvoir passer à une autre phase dans laquelle les pays limitrophes de la Centrafrique ont un rôle majeur à jouer », indique le commandant des EFG.

Source : © Cameroon Tribune

Par Grégoire DJARMAILA