CONTRIBUTION. Cameroun : Fausse interdiction du meeting du MRC à Bertoua : Quand le Pr Kamto use de délation et trahit son impréparation en politique

Maurice Kamto à 1 Kilomètre de Bertoua | © FACEBOOK/DR
Maurice Kamto à 1 Kilomètre de Bertoua | © FACEBOOK/DR

Ce texte est un droit de réponse adressé à la cellule de communication du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun), le parti politique du Pr Maurice Kamto. Il s’agit de la réaction d’un citoyen camerounais qui s’indigne et s’offusque des assertions mensongères que contient la fameuse « Déclaration sur le meeting interdit et les humiliations subies par le MRC à Bertoua », postée sur le site dudit parti politique, le 02 mai 2016. L’auteur du texte que vous avez sous les yeux estime que la Déclaration du MRC est truffée de délation et de contre-vérités frisant la manipulation et l’instrumentalisation de l’opinion nationale et internationale. Pis encore, l’auteur s’attaque aux assertions fallacieuses rédigées par les thuriféraires du Pr Kamto, tout autant qu’il tente de recadrer les faits factuels et livre les dessous inavoués de la nouvelle orientation de l’adversité du parti du MRC vers le ministre camerounais de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

En plein mois de mai 2016, la démarche ignominieuse de quelque homme politique avide de pouvoir consisterait-elle à rétrograder le noble concept de la démocratie apaisée et à la précipiter vers les dédales abyssaux de la perfidie mensongère ? L’usage de la mythomanie paranoïaque choisie comme angle de quête de la reconnaissance nationale et internationale par un leader d’opinion déduit-elle sa grandeur ou sa petitesse d’esprit ? Pareillement, la pratique vénale de la mauvaise foi utilisée comme arme de conquête du pouvoir suffit-elle à décerner le mérite de la sublimité politique à un leader de parti qui use et abuse de la délation dans ses sorties médiatiques controuvées ? C’est pourtant à ce jeu félon greffé de bassesses et d’abjections que semblent se livrer le président du MRC et son état-major composé en grande partie d’apostats transhumants des partis politiques ayant faiblement prospéré dans le landerneau politique camerounais.

De quoi s’agit-il exactement, et de quoi je m’en mêle au juste, dans un pugilat juridico-verbeux initié par le MRC, et dans lequel je ne semble pas directement concerné ? Mon intervention relève de mon indignation. Surtout, lorsque le grossier mensonge servi à l’opinion nationale, prise à témoin, dans le piège de la félonie relève de la manipulation. Surtout, de surcroît, lorsque le pamphlétaire bénéficiait encore d’un brin de crédibilité qui s’effondre aujourd’hui, hélas, à travers une Déclaration mensongère traduisant l’abime de sa vraie personnalité. J’interviens en tant que citoyen et membre d’une opinion nationale que tente de d’instrumentaliser et de désinformer un leader de parti cherchant à grand peine ses marques, usant d’infamie et des coups bas contreproductifs qui le décrédibilisent in fine. J’interviens parce que la Déclaration postée sur les réseaux sociaux par le MRC, le 2 mai 2016, s’emploie à justifier le peu de succès populaire qu’a connu son parti politique à Bertoua par un épais tissu de mensonges acrimonieux et astringents. J’interviens parce que la déclaration apocryphe du MRC s’évertue à diffamer gratuitement un membre du Gouvernement connu et reconnu pour sa grande discrétion ; le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. De quoi s’agit-il au fait ?

Le 2 mai dernier, l’équipe du MRC a rédigé et posté une « Déclaration sur le meeting interdit et les humiliations subies par le MRC à Bertoua » dans son site Web, pour s’insurger contre ce qu’elle considère comme une « décision illégale, discriminatoire et politiquement assumée de monsieur le Sous-préfet de Bertoua 1er interdisant la tenue du meeting du MRC le 23 avril, puis le 30 avril 2016, à Bertoua… » Toutefois, la missive du MRC serait passée comme une lettre à la poste si elle était conforme à la vérité et à l’authenticité des faits narrés, mais délibérément déformés par des scribes revêches et médiocrement inspirés. La Déclaration du MRC contient un pléonasme de contre-vérités qu’il nous semble utile de dénoncer et de révéler aux yeux de l’opinion nationale et internationale. Las de s’attaquer directement au président de la République, le MRC use maladroitement d’un transfert des hostilités vers le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MINATD), en sa triple qualité d’autorité coiffant la Préfectorale, de législateur légataire des partis politiques et celle d’ancien Secrétaire général du Comité Central du RDPC. Ces trois attributs font du MINATD, la cible idoine du MRC qui considère le ministre René Sadi comme un adversaire politique, éligible au lynchage médiatique dans l’immédiat. Bien plus, le chapelet des mensonges égrenés sur le MINATD permettent de sonder la psychologie évanescente du MRC.

Songes et mensonges d’un parti délateur

Les leaders du MRC prétendent avoir « arraché une rencontre au MINATD au prix d’une humiliation face aux caméras, le lundi 25 avril 2016 »… On peut y lire ce qui suit : « le président national du parti, Maurice Kamto, et les membres du Directoire étaient convoqués le vendredi 29 avril à 16h30 au MINATD pour avoir la position finale du Gouvernement sur le meeting projeté le lendemain 30 avril à Bertoua, à plus de 300 km de Yaoundé ». Cette assertion est d’autant plus mensongère qu’elle ne correspond en rien à l’authenticité des faits factuels, tels qu’ils se sont déroulés. La vérité est ailleurs, aux antipodes de la délation servie par le MRC.

Le 29 avril 2016, en effet, le Pr Maurice Kamto et une horde de personnes décident de faire parler d’eux en débarquant illico au hall du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour y rencontrer le ministre René Emmanuel Sadi. Notons au passage que cette incursion au forceps n’est ni plus ni moins qu’une astuce provocatrice car les intéressés n’avaient sollicité aucun rendez-vous avec l’autorité de céans, comme l’exige tout usage protocolaire empreinte de civilités. Pour avoir figuré au Gouvernement de la République, le Pr Kamto, curieusement dépourvu des codes d’honneur, d’éthique et de morale qu’exige pareille circonstance sait pertinemment qu’on n’accède pas au cabinet d’un ministre comme on rentre dans un manoir, sans accord d’audience et sans rendez-vous, surtout dans le contexte de sécurisation des édifices publics que l’on sait. A priori, la violation délibérée des règles élémentaires de bienséance et de préséance protocolaires connues par l’ancien ministre délégué à la Justice ressemblait à une insurrection bien huilée, surtout que les cadres du MRC sont arrivés au rez-de-chaussée du MINATD fortifiés de caméras pour filmer leur scène d’insubordination et balancer les images de leur forfaiture sur les réseaux sociaux, un modus opérande qui est leur modus vivendi…

Sans qu’il s’attende à recevoir des activistes éructant leur bile à tue-gorge au hall du MINATD, le ministre informé du vacarme perpétré par la meute des dirigeants dudit parti consentira à donner une leçon de politesse au sieur Kamto, lui qui recevait très difficilement les usagers à l’époque où il secondait le ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Quand un ancien ministre piétine les règles protocolaires les plus élémentaires, et débarque dans un cabinet ministériel fagoté de thuriféraires et des caméras, c’est qu’il mijote quelque chose. En fait, le ministre René Sadi était conscient de la démarche inélégante du MRC, et n’entendait pas leur fournir les didascalies pour le scénario sépulcral du mauvais film qu’ils voulaient tourner dans cet édifice public. C’est par un réflexe républicain, que le MINATD va recevoir le leader du MRC avec deux acolytes en lieu et place de la horde d’encenseurs acharnés qui l’accompagnaient. L’entretien sera courtois comme reconnait la diatribe dudit parti. Bon gré mal gré, le leader du MRC versera dans des jérémiades oisives pour dire que son parti n’arrive pas à organiser ses meetings en toute quiétude, comme si le Renouveau national le redoutait particulièrement. Et pourtant, selon des sources inattaquables par les intéressés, le ministre René Sadi fera prévaloir aux requérants les motifs sécuritaires conjecturaux que traverse notre pays, le Cameroun, préoccupé par une guerre asymétrique et sournoise où l’ennemi peut tirer avantage des manifestations houleuses et des mouvements de foule pour faire corps avec elle afin d’y perpétrer des actes terroristes d’envergure. Vu la situation sous tension, Le MINATD a pris le soin d’expliquer le contexte particulier des régions septentrionales et orientales dans la guerre que mène notre pays contre la secte terroriste et contre l’intrusion des anciens rebelles centrafricains à partir de la région l’Est. Par empirisme, et par le passé, des groupes armés centrafricains constitués des Anti-Balaka et les ex-Seleka, ont sévis à l’Est, autant que le phénomène des coupeurs de routes dont les auteurs sont difficilement identifiables et infiltrés parmi les 150 000 réfugiés centrafricains qui vivent dans cette région à haut risque. Personne ne l’ignore d’ailleurs, la région de l’Est est la cible des violences itératives. L’événement le plus récent est encore frais dans nos mémoires.  Le 1er février 2016, les gendarmes de l’Est ont abattu 12 bandits de grand chemin, dont les dépouilles furent exposées dans l’enceinte de la Légion. Depuis toujours, les populations de l’Est dénoncent les exactions commises par des malfrats venus de RCA. Et parmi lesquels se mêlent nos concitoyens.

Fort à propos, le ministre René Sadi a eu raison de consulter les autorités administratives de la région de l’Est, elles qui apprécient, sur place, mieux que quiconque, les risques de menaces à l’ordre public encourus au cours des meetings et manifestations dans le contexte de belligérance que vit le Cameroun. Est-il besoin de souligner que la région de l’Est est un épicentre sensible par le simple fait d’héberger des centaines de milliers des réfugiés centrafricains, parmi lesquels sont peut-être dissimulés les miliciens de la crise centrafricaine ? Au regard de la précarité de la sécurité à l’Est, et en parfait régalien, le MINATD a consulté les autorités administratives de la région du soleil levant pour envisager un allègement à leur inflexibilité afin que le MRC ne crie pas son tollé sur tous les toits. Rendez-vous sera pris 48 heures plus tard, le temps pour le ministre Sadi d’apprécier la situation au plan social et sécuritaire en fonction de l’avis des autorités itinérantes. Le meeting du MRC n’a donc jamais été interdit à Bertoua. Il a simplement été soumis à la restriction sécuritaire, c’est-à-dire un meeting « indoor », tenu dans une salle et sous la protection des forces de l’ordre comme cela se passe partout ailleurs. Sauf que, pour le cas de Bertoua, et pour les raisons sécuritaires su-évoquées, quelques militants du parti de Maurice Kamto ont tôt fait de trahir le plan ourdi par le MRC de rentrer dans la ville et d’y tenir un meeting public en passant outre les clauses initiales. Le MRC entendait déclencher le chahut de ses militants en expliquant à la foule l’ostracisme et l’interdiction de rassemblement qui les frappait. Pour tout dire, le parti en question s’est rendu à l’Est lourdement armés de mauvaises intentions.

L’altercation souhaitée avec les éléments de contrôles sécuritaires mixtes de la police et de la gendarmerie qui filtrent les entrées de la ville est due au zèle des cadres dudit parti ayant du mal à justifier le transport des charters partis de Yaoundé pour Bertoua. Là-aussi, c’est une provocation montée à l’avance. Pourquoi déplacer des bus de militants à plus de 300 Km, dans le contexte sécuritaire actuel, pour un meeting régional ? Comment ne pas redouter une infiltration malveillante des terroristes parmi les militants difficiles à identifier ? Les autorités administratives locales qui ont déjà eu maille à partir avec les groupes armés et les milliers de réfugiés qui foisonnent à l’Est avaient-elles meilleur choix que de refuser les clés de la région aux gens venus de Yaoundé pour gonfler les rangs du MRC à l’Est, et de circonscrire le meeting au siège régional dudit parti ?

Transfert malhabile d’adversaire d’Etoudi au MINATD

Mue par une mauvaise foi manifeste, le Pr Kamto évoque la Constitution et la Loi N°90/055 du 19 décembre 1990 fixant le régime des réunions et des manifestations publiques. Soit ! Mais, il omet volontairement de souligner que le contexte de guerre asymétrique que le Cameroun traverse en ce moment est assujetti à la Loi n° 2014/028 du 23 décembre 2014, portant répression des actes de terrorisme, promulguée par le président de la République après son adoption par l’Assemblée nationale, laquelle Loi astreint les autorités et les citoyens aux règles spéciales de sécurité ? Dura lex sed lex. Devrait-on apprendre à un agrégé de Droit que la promulgation de la loi d’association ne foule pas aux pieds celle (récente) régissant les lois de la République en période de guerre ? Le MRC n’a pas raison d’épiloguer à sa prétendue persécution, lui qui a choisi la rue pour faire prévaloir son droit d’existence. De façon superfétatoire, péremptoire et illusoire, le MRC désigne le ministre René Sadi, comme le « candidat, encore camouflé, à la magistrature suprême » … drôle de façon surréaliste et utopique de faire de la politique, en puisant des arguties sur des faits allusifs plutôt que sur des faits factuels. Nous ignorions jusque-là que ledit parti avait le don inique de lire dans une boule de cristal. Dommage, hélas, que les songes du MRC tournent au mensonge. La paranoïa que développe son leader l’amène-t-elle finalement à identifier en chaque acteur de l’arène politique un potentiel rival électoral à diffamer, en tirant vilement sur la fibre des accusations tribales ?

La mauvaise foi instinctive

Au demeurant, l’érection d’une mauvaise foi manifeste de la part du leader dudit parti lui donne-t-il le droit se croire au-dessus des lois du haut de sa notoriété universitaire. Trois questions se posent pour étayer la mauvaise foi du Directoire du MRC. Malgré les fouilles légales de la police, le MRC n’a-t-il pas reçu l’autorisation de renter dans la ville de Bertoua ? Le Pr Kamto était-il finalement à Bertoua, oui ou non ? La qualité d’ancien membre du Gouvernement place-t-elle le président national du MRC au-dessus des lois sécuritaires et des fouilles contextuelles qui permettent pourtant aux forces de défense de dégoter des explosifs sur des individus ? La posture d’ancien ministre de la République le soustrait-il à « une identification avilissante et une fouille tatillonne de ses véhicules » ? Le Pr Kamto n’a-t-il pas pris « la parole devant quelques militants téméraires », comme reconnait sobrement la déclaration dudit parti politique, prétextant que les rares militants présents dudit parti à Bertoua avaient réussi à échapper à la vigilance des multiples cordons de sécurité. Et que, poursuit la déclaration, les forces de l’ordre mobilisées pour entretenir la terreur politique étaient tellement tendues qu’elles n’ont même pas daigné prêter attention à l’hymne national entonné par les pacifiques militants du parti. ». Du bla bla bla verbeux déjà entendu quand un parti n’arrive pas à mobiliser les foules…

La finalité du grand manège est connue. À quoi consiste-telle ? À provoquer, à geindre, à pleurnicher, puis à « prendre les Camerounais et l’opinion internationale à témoin » sur un prétendu complot d’Etat dont le MRC est victime depuis son lancement. » Nous sommes en plein dans la tactique du Syndrome de Stockholm, lequel stratagème consiste à fédérer la pitié du peuple en faveur du bourreau… Donc acte. Les pyromanes d’aujourd’hui sont-ils exempts du bilan comptable d’un régime qu’ils ont servi, et qu’ils vouent à présent aux gémonies ? Pour avoir porté le tablier de membre du Gouvernement de novembre 2004 à novembre 2011, l’histoire retiendra que Maurice Kamto est l’un des acteurs du « bilan social et économique catastrophique », qu’il accable et qu’il ne veut pas hardiment assumer…  Les Camerounais viennent enfin de réaliser que le MRC use de délation pour émouvoir l’opinion nationale et internationale, mais que ce parti est tout sauf « celui qui porte l’Espoir de tout un peuple. » Qu’il commence par porter l’espoir de ses propres militants en leur délivrant un discours véridique, un projet de société fiable. La déclaration du MRC trahit le malaise d’un leader politique immature et mal préparé à rentrer dans l’arène. Pour faire de la politique, il faut une longue préparation. Il faut une culture politique, fut-on professeur de Droit, cela ne donne pas droit à l’usage abusif du mensonge, de la diffamation, de l’instrumentalisation, de la délation et de la manipulation. Est-ce de cette façon abjecte que le leader du MRC entend briguer la PRC ? Au plan grammatical, les anagrammes MRC et PRC sont de faux homonymes. Il faut du temps et beaucoup d’expérience politique pour passer de l’un à l’autre… Le peuple n’est pas dupe.

Correspondance particulière

de Richard Gabriel Takam, Citoyen camerounais

  • mbarga

    kamto use de la manipulation et il est prêt à mettre ce pays en feu pour son pouvoir il savait très bien que la région de l’est est très sensible avec les problèmes d’insécurité. c’est une preuve que Kamto n’aime pas les citoyens camerounais mais veut seulement le pouvoir. de plus le pouvoir appartient aux initiés et non aux fanatiques.le minatd a fait son travaille normalement comme il le fallait, il n’a pas succombé à la tentation.

  • Nenwosela

    ET quand le ministre Sadi parle de l’insécurité à l’Est pour le meeting
    du 23 ou 30 avril, n’est ce pas il ya eu un mega meeting à Maroua ce
    même
    23 avril? comparez le niveau d’insécurité à Maroua et Bertoua.
    Donc pour le MRC il y a l’insécurité et pour le rdpc tout est bon c’est
    cela? Et alors les qui sont donc initiés pour le pouvoir selon vous. La
    constitution parle telle des initiés au pouvoir? Enfin il me semble que
    ces initiés au pouvoir dont vous parlez sont frileux. Qui dit mieux: