Construction des logements : Comment les Camerounais se débrouillent

Comment les Camerounais se débrouillent en construction des logements | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo / ILLUSTRATION
Comment les Camerounais se débrouillent en construction des logements | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo / ILLUSTRATION

L’enquête menée à l’occasion de la 31e Journée mondiale de l’habitat célébrée hier révèle que les fonds utilisés sont d’origines diverses.

La tontine ! Cette la réponse communément donnée par la majorité des Camerounais disposant d’un logement. Et chacun tient son expérience : « Mon mari et moi étions inscrits dans une tontine où il y avait un volet épargne de 200 000 F par mois, à restituer seulement au bout de deux ans. En plus des intérêts, on a reçu plus de cinq millions de F qui ont servi à l’achat d’un terrain et à la construction de la fondation de notre maison », rapporte une jeune enseignante, mariée à un collègue enseignant. Cet autre militaire tient le même discours : « C’est grâce à une tontine entre voisins et amis d’enfance que j’ai pu construire ma maison. D’ailleurs, cette tontine est destinée aux constructions. On cherche le terrain nous-mêmes et veillons à ce que le bénéficiaire de la tontine obtienne son titre foncier et construise effectivement sa maison », assure-t-il. Autre expérience, celle des membres d’une association de couturiers basée à Yaoundé. « Nous avons constitué une épargne trois ans durant et acheté une parcelle de terrain à découper entre les membres. Maintenant, chacun se débrouille à construire sa maison en fonction de ses revenus », explique Djibril Doumbia, président du regroupement.

A côté des tontines, il y a aussi des revenus ponctuels qui financent l’investissement immobilier : « Je faisais dans les marchés publics et généralement je n’avais que de petits contrats. Il m’est arrivé une fois de décrocher un grand marché dont le paiement a connu beaucoup de retard. Cela m’a permis d’investir dans la construction d’un immeuble », se souvient « Bailleur », opérateur économique ainsi surnommé par ses locataires. Car, souligne-t-il, « ce sont les locataires qui m’ont aidé à achever mon premier immeuble. Les loyers ont ensuite servi à construire d’autres », rapporte le vieil homme, l’air malin. Un second bailleur parle de revenus de ses plantations. « Je suis fils de paysan. J’ai hérité d’un champ de café que j’ai revalorisé grâce à un prêt bancaire. Le retour sur investissement a été réinjecté dans l’immobilier, tout simplement ».

Une autre catégorie de propriétaires d’immeubles est celle qui a opté pour un crédit obtenu auprès des banques commerciales et autres établissements de microfinance. L’on peut penser qu’ils sont moins nombreux mais, en réalité, les problèmes liés au financement figurent parmi les obstacles majeurs à l’accès à la propriété immobilière par le plus grand nombre de Camerounais. Selon les experts du Crédit foncier, la banque de l’habitat du pays, les fonds disponibles couvrent à peine 10% de la demande qui est sans cesse croissante. Afin de contribuer au desserrement de l’étau du financement autour des promoteurs immobiliers, le gouvernement camerounais a déjà décidé, dans la loi de finances 2016, d’exonérer de la TVA (19,25%) les intérêts sur les prêts immobiliers ainsi que sur les transactions sur les logements sociaux. Mais, le problème demeure, le taux de bancarisation n’étant que d’à peine 15%.

Source : © Cameroon Tribune

Par Félicité BAHANE N.