Consommation du Café : pourquoi les camerounais boudent la production locale ?

Exposition au Cameroun d'une production locale de café | Illustration/DR
Exposition au Cameroun d’une production locale de café | Illustration/DR

Le Ministre camerounais du commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a récemment lancé une campagne dont l’objectif est d’inciter les camerounais à consommer le café produit localement.

Le constat est clair et les chiffres avancés sont illustrateurs seulement 2% de la production locale est consommée par les camerounais. Le ratio est logiquement d’environ un kilogramme du produit par habitant et par an. Très faible pour un pays dont le café est classé parmi les meilleurs et les plus apprécié au monde. Le café camerounais est un produit haut de gamme dans de nombreux pays à travers le monde. Selon Luc Magloire Mbarga Atangana : « on a tous, des raisons d’être fiers de notre cerise dont la réputation n’est plus à démontrer. Ses qualités, notamment son arome, sa saveur et son parfum sont sans pareil…nous avons des demandes pressantes venant des grands pays consommateurs de café. Notamment la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France et l’Italie ».

Alors comment comprendre que la grande majorité des camerounais ne consomme pas le café produit localement ? Selon certains historiens il faut aller chercher les causes de ce désamour dans l’introduction de la culture du café au Cameroun. C’est une plante dont la production est étroitement liée à la colonisation. La consommation et la production du café ont été imposées au Camerounais comme à d’autres populations noires par les colonisateurs. Le café était alors un produit essentiellement destiné à la consommation des blancs. Les plantations étaient entretenues par des travailleurs forcés. Les récoltent étaient conditionnées pour l’exportation et les marchés européens.

Dans l’imagerie populaire, le café est resté comme un produit voire un aliment des étrangers. Une conception qui est passée d’une génération à l’autre dans les habitudes alimentaires des populations africaines. Pourtant contrairement au café, le thé quant à lui est plutôt bien accueilli dans les foyers. Il faut aussi prendre en compte les préjugés et la mauvaise réputation qui accompagne le café. Non seulement celui-ci n’est pas conseillé aux enfants mais aussi son côté « stupéfiant ou fortifiant » n’encourage pas sa consommation en famille. Malgré tous ces griefs les avantages liés à la consommation du café sont tout aussi nombreux. En effet de l’avis de nombreux experts, la caféine a des effets positifs démontrés sur l’appareil uro-génital.

Non seulement il favorise une meilleure motricité des spermatozoïdes, mais une consommation de 3 tasses par jour améliore le volume des urines sans modifier le débit urinaire de pointe. Idem du côté du foie. Deux tasses de café par jour diminuent ainsi 40% le risque de cirrhose. Le café protègerait aussi du cancer du foie et diminuerait le risque de cancer de la bouche, du pharynx et de l’œsophage. Il soulagerait les migraines et les céphalées chroniques, régulerait la glycémie et la glycémie et le transit. Enfin, il diminuerait les troubles de la mémoire liés à l’âge, améliorerait la mémoire à long terme, la capacité à anticiper et les performances aux tests psychomoteurs.

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER