Congo : un journaliste camerounais expulsé pour « actes et propos séditieux et subversifs » – 29/09/2014

Le journaliste camerounais Elie Smith n’est plus à Brazzaville, la capitale du Congo. Il a été expulsé depuis ce 26 septembre 2014 vers le Cameroun, par la direction générale de la police congolaise. Dans son arrêté d’expulsion, le ministre congolais de l’Intérieur et de la Décentralisation explique qu’Elie Smith s’est rendu coupable « d’un activisme politique débordant, en contradiction flagrante avec la déontologie de sa profession ».

Elie Smith, ancien directeur général de la chaîne de télévision privée Mntv au Congo.
Elie Smith, ancien directeur général de la chaîne de télévision privée Mntv au Congo.

Il est également reproché au journaliste « de nombreux actes et propos séditieux et subversifs ». Il est même accusé « d’avoir été en intelligence avec les puissances étrangères œuvrant contre les intérêts de la République du Congo ».

Les autorités congolaises ne sont pas plus précises sur les faits reprochés à Elie Smith qui dirigeait un média réputé proche du pouvoir congolais. Il était en effet le directeur général de la chaîne de télévision privée Mntv éditée par le groupe Mncom. Le journaliste camerounais cumulait avec les fonctions de directeur des études et de la planification de cette entreprise de communication appartenant à Maurice Nguesso, le frère aîné du président de la République du Congo,Denis Sassou Nguesso.

Les déboires d’Elie Smith ont commencé avec l’agression dont il a été victime à son domicile dans la nuit du 9 au 10 septembre 2014 alors que sa sœur cadette avait été violée. Après l’arrestation des présumés auteurs du braquage, le journaliste camerounais a soutenu qu’il lui restait à retrouver les commanditaires qui sont parmi les autorités congolaises, selon lui.

Elie Smith avait déjà posé des actes considérés comme « peu diplomatiques ». Notamment l’ouverture de l’antenne de Mntv à des leaders de l’opposition. Sans compter la publication de la photo d’un opposant en sang après une réunion politique réprimée le 7 septembre dernier. « J’ai couvert le meeting de l’opposition où plusieurs militants ont été bastonnés. J’ai pris des photos et j’en ai posté une d’un militant en sang sur Facebook. Je n’ai fait que mon travail de journaliste. C’était un scoop. On m’a dit que ce serait cette photo, comme une goutte d’eau, qui aurait fait déborder le vase, qui serait à l’origine de mon agression », avait dit Elie Smith, cité par le magazine français Jeune Afrique.

Source : Agence Ecofin

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