Conférence internationale de Yaoundé : L’apport de la Chine à l’économie camerounaise reconnu

Discours de S.E. Paul Biya, Président de la République du Cameroun, à l’ouverture de la Conférence économique internationale de Yaoundé | © PRC
Paul Biya, Président de la République du Cameroun, à l’ouverture de la Conférence économique internationale de Yaoundé | © PRC

Premier partenaire commercial tout comme c’est le cas de l’ensemble de l’Afrique, la Chine fournit un apport décisif à l’investissement à l’économie du Cameroun, un rôle clé qui ne doit pas rendre jalouse l’Europe, partenaire traditionnel du pays d’Afrique centrale, a déclaré l’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso en visite mardi à Yaoundé.

Fragilisé par la chute brutale des prix des matières premières parmi lesquelles le pétrole qui représente plus du tiers de ses recettes d’exportation, puis la menace terroriste due à la secte islamiste nigériane Boko Haram, la première économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) cherche à mobiliser de nouveaux investissements pour son économie.

C’est l’objectif d’une conférence internationale de deux jours ouverte mardi à Yaoundé par le président Paul Biya en personne, en présence de l’ancien dirigeant européen et ex-chef du gouvernement portugais, et d’autres invités de prestige comme l’ex-Premier ministre coréen Chung Un-Chan ou encore l’ex-président de la Banque africaine de développement (BAD) Donald Kaberuka.

Dans une communication intitulée “renforcer le partenariat économique entre l’Europe et l’Afrique et dynamiser les investissements européens à destination du continent africain”, José Manuel Barroso a jugé utile la coopération entre le Cameroun et plus largement le continent noir décrit comme la “réserve de la croissance mondiale” et d’autres partenaires comme la Chine.

“L’Europe ne doit pas être jalouse. Au contraire, je me réjouis quand je vois d’autres partenaires comme la Chine qui viennent en Afrique et qui sont prêts à faire des investissements infrastructurels. C’est normal, des pays qui sont de grandes économies et qui cherchent aussi à avoir des rapports importants avec ce continent”, a-t-il souligné.

“On ne doit pas être jaloux, a-t-il poursuivi. Parce que là effectivement, encore une fois je vais utiliser une expression que le président Biya a utilisée, il faut penser à des partenariats gagnant-gagnant. Et donc l’Afrique a besoin, pour être un succès, de plus d’investissements en infrastructures”.

Pour cet enjeu, l’ex-haut responsable reconverti dans l’enseignement dans des universités européennes et américaine suggère de “combiner les différents partenaires, dont l’Europe, mais aussi des sources de financement différentes, que ce soit publiques, que ce soit privées, grâce à des partenariats public-privé”.

Première économie de la CEMAC, organisation régionale composée en outre du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine (RCA) puis du Tchad et dont il détient environ 40% du PIB selon les estimations, le Cameroun subit aujourd’hui, mais avec un impact limité grâce à sa diversification économique, la baisse continue des prix pétrole.

Il doit aussi relever un défi sécuritaire important lié aux activités terroristes de la secte islamiste nigériane Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord et aux infiltrations de groupes armés centrafricains à l’Est et dans l’Adamaoua.

Selon le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, en dépit d’une conjoncture internationale difficile notamment marquée par un ralentissement de la croissance dans les pays émergents dont la Chine et une reprise timide en Europe, “l’économie camerounaise est restée résiliente et connaît un relèvement de son taux de croissance qui est passé de 1,9% en 2009 à près de 6% en 2015”.

Suite à l’atteinte en 2006 du point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres et très endettés (PPTE) de la Banque mondiale, le pays a bénéficié d’une réduction de sa dette extérieure de 4.890 (environ 9,780 milliards de dollars) à 1.427 milliards de francs CFA 2,854 milliards de dollars).

Pour pouvoir réaliser une croissance forte et durable, les autorités tablent d’abord sur un taux moyen de 6% entre 2016 et 2018, période d’exécution lancée en 2015 d’un Plan d’urgence pour l’accélération de la croissance.

Contre 925 milliards de francs CFA (environ 1,850 milliard de dollars) de budget prévisionnel, ce programme d’investissements prioritaires qui à ce jour totalise 1.083 milliards (2,166 milliards de dollars) de financements mobilisés, annoncent-elles sans fournir cependant de précisions sur le niveau de réalisation des projets prévus dans ce cadre.

De l’avis du ministre de l’Economie, les efforts sont désormais menés pour répondre à cinq grands enjeux, dont “la maîtrise des coûts de production qui sont encore relativement élevés”, avoue-t-il. C’est la conséquence d’une mise en œuvre lente des mesures de facilitation du commerce, sans cesse exigée par les partenaires internationaux à l’instar de la Banque mondiale.

D’autres enjeux actuels pour la consolidation de l’économie camerounaise résident, a en outre indiqué M. Motaze, dans le relais de l’investissement public par l’investissement privé, la réussite de l’entrée de l’économie camerounaise au démantèlement des barrières douanières avec l’Union européenne (UE).

Cette ouverture de marché est liée à la mise en œuvre prévue début août d’un accord de partenariat économique (APE) conclu avec l’UE en 2009, une décision jugée par José Manuel Barroso comme une opportunité visant à “permettre la création de commerce, d’investissement qui est indispensable aussi pour une croissance soutenable”.

Le Cameroun entend aussi relever le défi de la dépendance aux matières premières à commencer par le pétrole et le développement du tissu manufacturier et industriel.

Sous le thème “investir au Cameroun, terre d’attractivité”, la conférence qui se tient à Yaoundé a pour objectif d'”examiner l’économie du Cameroun dans ses composantes essentielles, de voir dans quelle mesure le secteur privé peut contribuer à son expansion et après cet examen d’évaluer l’attractivité réelle du pays en vue de son intégration à l’économie globale de manière plus judicieuse et plus bénéfique”, a précisé le président Paul Biya…

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