Commission économique pour l’Afrique : Carlos Lopez déplore la politique commerciale africaine – 30/03/2015

 Carlos Lopes, sous-secrétaire général de l'Onu et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique. | © uneca.org
Carlos Lopes, sous-secrétaire général de l’Onu et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique. | © uneca.org

Le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Carlos Lopez, a déploré, lundi à Addis-Abeba, la manière dont s’effectue la politique commerciale, soulignant que cela explique pourquoi le continent ne peut donner ‘’le meilleur lui-même’’.

L’Afrique est notamment handicapée par la faiblesse de ses infrastructures, le manque de compétences adaptées et d’intrants de qualité, a souligné M. Lopez, à l’ouverture de la 8-eme réunion conjointe des ministres africains de l’Economie et des Finances.

Pour le secrétaire exécutif de la CEA, l’histoire du continent est devenue celle d’une occasion manquée. Et ‘’Il est grand temps de nous réveiller”.

Selon lui, les principaux facteurs qui entravent le commerce et l’industrialisation en Afrique sont liés à l’étroitesse de sa base de production et d’exportation qui est dominée par des produits a faible valeur tels que les matières premières et les produits de base.

Cette situation est aggravée, de l’avis de M Lopez, par les coûts très élevés des échanges, les barrières tarifaires et non tarifaires imposées au commerce intra africain et l’accès limite de l’Afrique aux marchés internationaux.

L’Afrique n’a d’autre choix que d’accroître sa part d’exportations mondiales, a souligné Lopez avant de rappeler que dans les années 1970 le continent représentait 4,99 pour cent du commerce mondial et l’Asie de l’Est 2,25 pour cent

Près de 40 ans après, la part de l’Afrique dans le commerce mondial a reculé de 3,33 pour cent tandis que celle d’Asie de l’Est progressait pour atteindre 17,8 pour cent.

Pour tirer le meilleur parti du commerce, les pays africains doivent, selon Lopez, faire de sorte que l’échelonnement de leur libéralisation commerciale soit compatible avec leur programme de transformation et leur engagement en matière d’intégration régionale.

Estimant que les préférences commerciales unilatérales peuvent difficilement à elles seules créer les conditions nécessaires au développement des chaînes de valeurs régionales, le secrétaire exécutif de la CEA affirme que ‘’l’Afrique ne peut plus se permettre de négocier des accords commerciaux comme si son industrialisation ne lui importait pas”.

‘’Le commerce peut en réalité favoriser l’industrialisation”, assure Lopez, se désolant toutefois du fait que le commerce ne puisse pas résoudre le besoin du continent en matière d’innovation financière devant favoriser la transformation économique du continent.

Pour Carlos Lopez, les pays africains doivent e montrer ‘’intelligents” et réfléchir aux relations entre les décisions politiques et leur cohérence avec les politiques commerciales et industrielles et les stratégies de développement

Axée sur le thème ‘’Mise en œuvre de l’Agenda 2063: planification, mobilisation et financement au service du développement”, la réunion est co-organisée par l’Union africaine (UA) et la commission économique des Nations unies (CEA).

© CamerPost avec © APA

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