Carnet noir – Ateba Biwolé : le lion est mort vive le lion

La terre d’Akonolinga s’est refermée samedi dernier sur Fabrice Ulrich Ateba Biwole | © Facebook
La terre d’Akonolinga s’est refermée samedi dernier sur Fabrice Ulrich Ateba Biwole | © Facebook

La terre d’Akonolinga s’est refermée samedi dernier sur celui qui était jusqu’au 06 décembre 2015, le chef du service des Sports au quotidien le Jour. Brillant journaliste à l’avenir prometteur, celui que ses amis avaient surnommé « le Lion », laisse orphelin un nourrisson de 7 mois, une compagne inconsolable, des collègues et confrères dans l’émoi, mais surtout, la jeune garde de la presse sportive camerounaise dans le chagrin.

Le prêtre célébrant vient d’ordonner la fermeture du cercueil dans lequel gît la dépouille d’Ulrich Fabrice Ateba Biwolé. Un moment pénible où seuls ceux qui savent que les grandes douleurs sont muettes, souffrent en silence pour sécher au fond d’eux, le flot de larmes que provoque le tourment qui les anime. A peine, les frères et quelques membres de la famille du défunt ont-ils recouvert la vitre qu’un cri strident perce le ciel d’Akonolinga. C’est Patricia, la brave compagne du défunt. Elle qui se lamentait jusque-là sur son siège, la gorge nouée, n’a pu digérer ce choc émotionnel. Entourée par certains collègues d’Ateba et soutenue par ses sœurs, la pauvre n’en revient pas.

Elle s’agite ; elle se débat ; elle ne pleure plus, elle hurle de douleur ; elle est au bord de l’évanouissement. Pour tenter de la réconforter, on lui demande de penser au bébé, ce nourrisson de sept mois, fruit de leur idylle. Mais, elle continue de pleurer de plus belle. L’image est si bouleversante que ses voisins, comme par contagion, ne peuvent s’empêcher d’écraser une larme. « A qui me laisses-tu ? Tu vas où ?», crie-t-elle lorsque le cercueil de son « Aziz chéri » s’achemine vers le caveau familial. Tristesse, incompréhension et consternation ont envahi le cœur meurtri de la jeune « veuve ».

Simplicité

Ce sont les mêmes sentiments qui inondent la tente des journalistes et amis du chef service des Sports du quotidien le Jour. Angèle Bepede est toute en larmes. Sous son voile blanc et ses lunettes de soleil, se lit la douleur de perdre un complice à la fleur de l’âge. Un ami fidèle et le bon blagueur qu’il était. Ses insolites, ses intrigues et sa simplicité vont lui manquer assurément. Jean-Marie Nkoussa, lui, pleure celui qui était devenu presque un frère. Le co-fondateur d’Olympia Sport sur les antennes de la radio Afrique 2, bouleversé depuis la nouvelle de son décès a très mal. Un peu comme ses acolytes Alain Kanga et Richard B. Onanena qui prient pour le repos éternel de l’âme de leur compère. Que dire de Joseph-Valérie Fotso, plongé dans l’émoi depuis qu’il sait qu’il ne verra plus jamais celui qu’il avait surnommé « partenariat gagnant-gagnant » ? Malgré la tape réconfortante que tente de lui apporter son voisin, le chroniqueur sportif en service à la Rts n’arrête pas de pleurer. Idem dans les rangs des collègues d’Ateba Biwolé. Achille Chountsa, Yannick Assongmo Necdem, Eitel Elessa, Inès Tsama, Jean-Philippe Nguemeta, Prince Nguimbouss, Moise Moundi, Caristan Isseri, Elsa Kane, Claude Tadjon, Jules Romuald Nkonlak et toute la grande équipe du journal que dirige Haman Mana sont désespérés. Ils ont perdu une plume volubile et objective ; un collègue, un ami mais surtout un élément clé de la rédaction centrale. Etouffés par la douleur de sa disparition tragique, ceux-ci vont déposer sur le cercueil de « Aziz » un stylo en guise d’affection et pour marquer l’attachement à la profession de journaliste que le jeune homme avait embrassé depuis presque une décennie.

Chevalier de la plume

La cérémonie funèbre s’ouvre par une messe dite par le curé de la paroisse de Meyos. Lui qui va articuler l’homélie autour du message qu’inspire le Livre des Ecclésiastes. Lequel rappelle en substance que « tout est vanité », y compris les jeunes plein d’avenir de la trempe de celui qu’on appelait affectueusement « Ateb’s ». Ce que viendront confirmer tous ceux qui vont se succéder au pupitre pour des témoignages. Tous gardent de ce brillant chevalier de la plume le souvenir d’un brave homme, solidaire, loyal, humble, courtois, un bel exemple de l’amour du prochain. La délégation du bureau exécutif de la Fédération camerounaise de la Fédération camerounaise de cyclisme (Fécacyclisme) conduite par Joseph Evouna, directeur technique national (Dtn) en a le souffle coupé. On reconnait à celui qui fût numéro 2 de la Cellule de communication, le souci du travail bien fait, on célèbre sa sagacité, son flegme et sa force de proposition qui ont concouru au rayonnement de ladite fédération. On regrette surtout que ce « jeune gladiateur de la presse » soit parti trop tôt. Mais, Ateba s’est battu et a combattu jusqu’au dernier souffle.

Fougue et bravoure

A preuve, durant les dernières semaines où la corne de cette infection pulmonaire cherchait l’homme, « Aziz » accueillait ce combat avec lucidité, un stoïcisme de gladiateur romain et le souci d’épargner son entourage, sa compagne qui l’a accompagné sans jamais désespérer. Mais, la vilaine maladie aura raison de lui le 06 décembre 2015 à l’hôpital Jamot de Yaoundé. Après onze années d’un style rédactionnel aimé, la plume du vaillant reporter qu’il était se brise. Pur produit de l’Ecole supérieure des Sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), « le Lion » qui appartenait à la 35e promotion (2004-2007) de la filière Journalisme s’y faisait appeler « l’aristocrate » du fait de son style vestimentaire. Des anecdotes, il y en a plusieurs à son sujet. Il fallait être lui pour s’imaginer pouvoir sortir son collègue d’un car de police. Un geste de bravoure parmi tant d’autres, qui lui a valu d’être considéré par ses proches comme une personne fougueuse, courageuse. Tantôt défenseur téméraire de la cause des plus faibles ; tantôt soutien indéfectible de certains de ses amis, le président de la célèbre association dénommé « Samedi poulet » aimait le partage et distillait de la joie de vivre dans son entourage. A 29 ans, le fils d’Alice Mvodo Biwolé de regrettée mémoire s’éteint et laisse de nombreux lecteurs sans mot, avec le souvenir d’un talent parti trop tôt. Ateb’s est parti ; Aziz est mort ; vive le « Lion » !

Source : © Le Messager

Par Christian TCHAPMI

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2 Commentaires sur "Carnet noir – Ateba Biwolé : le lion est mort vive le lion"

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Luya Kouedi

Rip

Evra Sagnol

Papy Okala

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