Carlos Lopez : « Il y a quelque chose qui cloche avec le franc CFA »

Carlos Lopes, secrétaire général adjoint de l'ONU à Abidjan, le 25 mars 2013 | © AFP/ISSOUF SANOGO
Carlos Lopes, secrétaire général adjoint de l’ONU à Abidjan, le 25 mars 2013 | © AFP/ISSOUF SANOGO

Le Secrétaire adjoint de l’Onu, relance le débat au moment où s’ouvre la réunion des ministres des finances de la zone franc à Paris.

Selon des experts financiers, jamais dans l’histoire de la finance mondiale, une monnaie en circulation n’a été autant contestée par les utilisateurs. La confidence à l’Agence France Presse-AFP, du secrétaire exécutif de l’organisation des Nations Unis pour l’Afrique, le  Carlos Lopez, vient après les critiques d’experts et d’anonymes dans les pays de la zone franc.

La déclaration de l’économiste Bissau Guinéen frappe comme un marteau dans une salle d’audience. Le coup de gueule de Calos Lopez retient l’attention à plus d’un titre : le statut international de l’économiste, puis, du contexte car s’ouvre ce vendredi à Paris, la réunion des  ministres des finances de la zone franc.

Monnaie de la françafrique

Crée officiellement le 26 décembre 1945 sous la présidence de Charles de Gaulle, le franc CFA est une monnaie utilisée par plus 150 millions de personnes vivant dans quatorze pays de la zone subsaharienne y compris l’Archipel des Comores.

Le lien congénital entre la France et une Afrique francophone via le franc CFA, prévoit d’énormes avantages à la mère patrie. Le changement malicieux de la dénomination entre dans le jeu. Du franc des colonies françaises à la commission financière d’Afrique en passant par, la communauté française d’Afrique, le pas se marque sur place.

Que gagnent les Africains ?

Du menu fretin.  D’abord, le trésor français garantit la convertibilité illimitée du FCFA en euro, ensuite, la parité du FCFA avec l’euro, vient après, que pour assurer cette parité, les réserves de change des pays de la zone franc sont centralisé dans leurs banques centrales qui doivent en déposer la moitié sur le compte courant « compte d’opération », logé au trésor français et enfin, les transferts de capitaux entre la zone franc et la France sont libres.

Que gagne la France ?

Le hic dans l’affaire, ce sont les 50% des recettes d’exportation retenus par la banque française sur le dos des pays utilisateurs du franc CFA. Cette rétention fait dire à des économistes que ce système de parrainage freine le développement de l’Afrique. Grace à la parité FCFA/euro, la France acquiert les matières premières comme café, cacao, or, banane etc, sans débourser un seul sous ; les entreprises françaises dans la zone investissent sans risque de dépréciation de la monnaie, le rapatriement des bénéfices sans contraintes aucunes vers l’Europe ; le multinationale françaises tirent énormément de bénéfices. Selon les chiffres publiés par le journal, Médiapart, en 2014, les réserves placées sur le compte d’opération se chiffraient à 6 950 milliards de FCFA.

         Au moment où s’ouvre la réunion des ministres de finances de la zone FCFA à Paris, beaucoup espèrent que d’autres voix vont rejoindre celle du secrétaire général adjoint des Nations Unies, Carlos Lopez sur l’inadaptation du franc CFA.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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