CAN 2016 : La révolution venue du Cameroun

CAN 2016, la révolution venue du Cameroun | © Facebook/Illustration

Pour la première fois, cette compétition de la Can a pris une autre dimension grâce à l’organisation du pays hôte.

Pour les reporters qui ont l’habitude de couvrir une phase finale de Championnat d’Afrique des Nations de football féminin [Ndlr. Désormais Coupe d’Afrique des Nations de football féminin, depuis le 6 août 2015 au Caire (Egypte), sur décision du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (Caf)], c’est la première fois que les matches de ce tournoi se disputent dans des infrastructures sportives d’une aussi grande capacité, au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé ou à l’Omnisport stadium de Limbe. D’ailleurs, les coaches de certaines sélections nationales n’ont pas manqué de le relever à l’instar de Yussif Basigi des Black Queens du Ghana ou de Mohamed Mostafa Abdelhamid d’Egypte.

Contrairement aux stades de moindre capacité sur lesquels la Can féminine se jouait jusqu’à cette 10ème édition. «Ce que le Cameroun a fait servira d’exemples aux futurs pays organisateurs de la Can féminine. S’ils ont surtout les moyens de le faire. Le Cameroun nous a comblés. Et nous sommes persuadés qu’après cette Can, il y aura une révolution. Car, la Can féminise sera désormais aussi courue que la Can masculine ou le Chan», indiquait Issa Hayatou, le président de la Caf, invité du journal de 13h dans son édition du lundi 5 décembre 2016.

Pour ce qui est des infrastructures hôtelières, le cahier de charge a été respecté. Les hôtels retenus pour héberger la délégation de la Caf (Hilton Hôtel), les arbitres (Hotel la Falaise), les équipes (Djeuga Palace et mon Fébé à Yaoundé ; Parliamentarian Flats à Buea et Fini Hotel à Limbe). Tous ceux qui ont pu bénéficier des services de ces établissements ne se sont pas plaints au niveau de la Caf. Issa Hayatou a d’ailleurs indiqué : «les équipes étaient installées dans les conditions des Can masculines».

Véhicules

Le hic est venu du transport. Si les véhicules mis à la disposition des officiels ont été réquisitionnés et prêts à temps avec les plaques d’immatriculation appropriées ; ce n’est pas le cas des bus devant transporter les sélections nationales. Il y a d’ailleurs eu un retard à l’allumage puisque ce sont les bus d’une compagnie de transport interurbain, qui ont été mis à contribution pour parer au plus pressé. Les gros porteurs commandés à cet effet arriveront avec quelques jours de retard.

Tandis que le transport aérien a été assuré par les avions affrétés par Camair-Co. Le ma 60 pour le déplacement de moins de 42 personnes et le 737 quand il fallait embarquer plus d’une centaine de personnes. Ce qui a d’ailleurs permis d’assurer le déplacement des sélections nationales pour les matches de la troisième journée, qui se jouaient aux mêmes heures dans les principales villes.

Sur le plan sécuritaire, on peut regretter le fait que les routes soient souvent barrées quatre voire trois heures avant le début du match. Obligeant les milliers de supporters à effectuer 4 à 5 kms à pied sous un soleil accablant. Avec comme seul objectif : pousser les Lionnes indomptables à la victoire. Il y a eu des moments où se rendre au stade devenait une torture et non un plaisir. Le public, grâce aux performances des Lionnes, a vite fait d’oublier qu’il n’avait pas pleinement été associé à cet évènement d’une manière ou d’une autre.

La grosse déception est venue du volet marketing du comité local d’organisation. Il n’y a eu aucun gadget en vente avec la mascotte «Lili». Ni tee-shirt, ni polos, ni sacs, ni porte-clés, ni bic, ni ballon. Rien de rien. Ces gadgets font pourtant partie des souvenirs que les supporters et autres visiteurs ramènent dans leurs pays respectifs. Sur ce plan, on est passé à côté de la plaque. En outre, on a également constaté que de nombreuses entreprises nationales ne sont pas associées à l’évènement. À l’exception de Nabco. Un autre gâchis.

Pour le reste, mention spéciale au comité local d’organisation qui a relevé le défi d’abriter cette phase finale de la Can 2016. Alors que tous les signaux étaient au rouge et que certaines personnes étaient persuadées que la compétition sera retirée au Cameroun, le ministre des sports et de l’éducation physique, Bidoung Mkpatt a pensé que c’était possible de le faire en 1 an. Pari largement gagné !!

Source : © Mutations

Par Priscille G. Moadougou