CAN 2015 – Cameroun : Ondoa et Moukandjo dressent le bilan – 02/02/2015

 Le gardien de but camerounais Fabrice Ondoa (à gauche) et l'attaquant Benjamin Moukandjo. © AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO
Le gardien de but camerounais Fabrice Ondoa (à gauche) et l’attaquant Benjamin Moukandjo. © AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Le gardien de but Fabrice Ondoa et l’attaquant Benjamin Moukandjo ont accepté de dresser le bilan de l’équipe du Cameroun durant cette Coupe d’Afrique des nations en Guinée équatoriale. Les Camerounais, éliminés dès le premier tour, veulent positiver malgré tout.

QU’EST-CE QUI EXPLIQUE LA DEFAITE FACE A LA COTE D’IVOIRE ?

Fabrice Ondoa, gardien de but :

« On a manqué de précision. On a perdu beaucoup de ballons. On a raté beaucoup de passes. Au niveau de l’attaque, on a un peu pêché par individualisme. Je pense que c’est ce qui a causé notre défaite. »

DANS QUELS SECTEURS DE JEUX LES LIONS ONT-ILS FAILLI DURANT LA CAN 2015 ?

Benjamin Moukandjo, attaquant :

« Dans l’ensemble, lors des trois matches, il nous a manqués de l’efficacité offensive. On a toujours réussi à créer des décalages, à faire des différences. Mais on a souvent manqué le dernier geste, la dernière passe. C’est dans ces domaines qu’on a pêché, je pense. […] (En ce qui concerne l’animation offensive), ça tournait bien. Si on n’avait pas eu d’occasions de but, on aurait pu se poser des questions. Or, comme on dit toujours en football, le plus dur, c’est de se procurer des occasions de but. On a réussi à en avoir beaucoup. Malheureusement, on a manqué d’efficacité offensive. »

QUELS ENSEIGNEMENTS TIRER DE CETTE CAN 2015 ?

Fabrice Ondoa :

« Il ne faut pas pêcher (sic). A la CAN, ça ne pardonne pas. Il suffit de se déconcentrer une minute, de se relâcher une seconde et tu te retrouves éliminé. […] Contre la Guinée, on a pris un but suite à cinq secondes de déconcentration. Pareil contre le Mali et la Côte d’Ivoire. S’il faut retenir quelque chose, c’est que nous ne devons pas rater beaucoup d’occasions de but et qu’il faut être concentrés à 100% durant 90 minutes et plus. »

L’AMBIANCE ETAIT-ELLE MAUVAISE DANS LE GROUPE ?

Fabrice Ondoa :

« Bien au contraire. Je tire mon chapeau à cette nouvelle famille. Après le deuxième match, lorsqu’on a commencé à subir certaines pressions et polémiques, on est resté soudés. Nous avons réagi comme des frères. Nous n’avons cédé à aucun chantage. […] Chapeau à ceux qui ont très peu joué. Certains journalistes faisaient des interviews pour obtenir certaines déclarations. Je remercie les joueurs concernés de ne pas avoir fait de déclarations qui auraient pu déstabiliser le groupe. »

Benjamin Moukandjo :

« Ce qui a fait notre force, c’est l’état d’esprit. Ce qui est encourageant, c’est qu’on a gardé cet état d’esprit. Le groupe n’a pas explosé après nos résultats. Il y a des “on dit”, mais ça, ce sont des trucs externes. Lorsqu’il y a un malaise, on cherche toujours à trouver ce qui ne va pas. […] Je peux le redire cent fois. Tout allait bien entre ceux qui jouaient et ceux qui ne jouaient pas. Ce sont surtout les personnes extérieures au groupe qui extrapolent un peu. »

EST-CE UN GROS ECHEC POUR LE CAMEROUN ?

Fabrice Ondoa :

« Ce n’est pas vraiment un gros échec. Si on regarde notre parcours en éliminatoires, on peut se dire que c’est un gros échec. Mais si on regarde l’historique des dernières Coupes d’Afrique, on ne peut pas dire que c’est un gros échec. Notre équipe est en pleine reconstruction. Arriver à ce niveau de compétition et jouer au niveau auquel nous avons joué lors des trois matches, c’est déjà quelque chose de bien. Il faut être positif. »

Benjamin Moukando :

« Le groupe est très jeune. Il a beaucoup changé. Pas mal d’entre nous découvraient cette compétition. Même moi qui suis un ancien, je disputais ma première CAN. On a tout de suite senti la différence entre des équipes qui sont habituées à disputer cette compétition et nous, les petits nouveaux. […] Il faut se mettre dans la tête qu’on est en phase de reconstruction. On est reparti sur du long terme (après la Coupe du monde). Certains n’auraient même pas mis une pièce sur notre qualification (pour la CAN 2015). »

VOLKER FINKE DOIT-IL RESTER SELECTIONNEUR ?

Fabrice Ondoa :

« C’est le service que je demande à la Fédération camerounaise. Il n’agit pas seulement comme un coach, mais comme un père aussi. Il a su rajeunir ce groupe et y ramener de la discipline. Et il sait ce qu’il faut faire pour les échéances à venir. Quand quelqu’un commence ce type de travail, il ne faut pas l’arrêter. […] C’est grâce à l’échec de la Coupe du monde, qu’il a pu réussir une belle campagne de qualification. […] C’est un homme qui ne répète pas les mêmes erreurs. Je pense qu’il ne se trompe pas deux fois. »

Benjamin Moukandjo :

« Si ça ne dépendait que de moi, il resterait. Il a réussi à nous qualifier pour la Coupe du monde. Il a réussi à nous qualifier pour la Coupe d’Afrique des nations avec un groupe qui a beaucoup changé. Il faut s’inscrire dans une continuité. S’il continue, tant mieux. S’il ne continue pas, on fera avec celui qui sera là. »

Propos recueillis par Eric Mamruth et retranscrits par RFI.fr