Cameroun/France – Communiqué de Presse : Réaction du Comité de libération des prisonniers politiques du Cameroun (CL2P) au sujet de la libération conditionnelle de Pierre Désiré Engo – 08/05/2014

Le Comité de libération des prisonniers politiques du Cameroun (CL2P) prend acte de la mise en liberté provisoire décidée ce mercredi 07 mai par le Tribunal Criminel Spécial (TCS) de Yaoundé au profit de l’ancien ministre Pierre Désiré Engo.

Pierre Désiré Engo, administrateur civil, ancien Ministre, ancien DG de la CNPS.
Pierre Désiré Engo, administrateur civil, ancien Ministre, ancien DG de la CNPS.

Si cette décision permet à l’ancien ministre aujourd’hui âgé de 73 ans de respirer l’air d’une liberté qu’il n’aurait jamais dû perdre eu égard à la nature de son affaire, le comité s’étonne cependant que les juges se soient autorisés à l’assortir d’une interdiction formelle de quitter le territoire camerounais.

Le comité estime qu’en décidant de lancer de nouvelles investigations alors que les nombreuses commissions rogatoires effectuées pendant les 15 ans d’incarcération de M. Engo n’ont pas apporté le moindre commencement de preuve des détournements de fonds qui lui sont reprochés, les juges font de lui l’otage idéal d’un système judiciaire en plein délitement.

Le comité rappelle que toutes ces enquêtes qui ne traduisent qu’un acharnement judiciaire contre un homme dont le seul crime est d’avoir été soupçonné de vouloir faire ombrage au chef d’État camerounais à travers une association mémorielle coûtent inutilement cher au contribuable camerounais.

Le Comité rappelle également que le Cameroun est signataire de nombreuses conventions internationales garantissant une justice équitable pour chacun de ses citoyens, et qu’il les a régulièrement bafouées dans ce dossier.

Le comité rappelle enfin que M. Pierre Désiré Engo, reconnu prisonnier politique par les Nations unies est bénéficiaire depuis 2009 d’une recommandation faite par l’Onu à l’État camerounais, de le libérer sous 180 jours et de réparer le préjudice causé par sa longue incarcération. Une demande que le Cameroun a choisi d’ignorer et qui a contribué à l’isoler sur la scène internationale.

Le comité exige de la justice camerounaise qu’elle reconnaisse de manière définitive l’innocence de M. Engo et qu’elle le rétablisse dans la pleine jouissance de ses droits. La responsabilité directe de Paul Biya est engagée sur ce cas, eu égard à sa mission de garant constitutionnel de l’indépendance de la Justice.

Fait à Paris, le 07 Mai 2013
Pour le CL2P,
René Dassié, le Président
Joël Didier Engo, le Porte-parole