Cameroun – Zones anglophones: des enseignants syndicalistes du privé très peu satisfaits de l’opération de rattrapage

Pour le président national du Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun (Synthespric), Luc Nhyomog, les enseignants syndicalistes du privé sont très peu satisfaits de l’opération de rattrapage proné par le Ministre des Enseignements secondaires (Minesec) | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

Suite au mouvement de grève des enseignants ayant perturbé le bon déroulement des cours pendant les derniers mois, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibéhé, Ministre des Enseignements secondaires (Minesec), a pris des mesures fortes.  Dans un communiqué rendu public en mars 2017, le chef de département a prescrit la poursuite des cours de rattrapage qui ont débuté depuis quelque temps dans la section anglophone. Le ministre exige aussi l’augmentation hebdomadaire de 17 heures de cours dans la partie anglophone pour la période allant du 6 mars au 13 mai prochain. Notamment deux heures de plus lundi, mardi, jeudi et vendredi. Trois heures mercredi et six au cours de la journée de samedi. En outre, l’autorité prescrit le déroulement des cours pendant tous les congés de Pâques pour les élèves des classes d’examen. Du coup, ces congés du deuxième trimestre compris entre le 31 mars et le 17 avril ne leur sont pas de tout repos.

Un fait qui n’est pas du goût des membres du Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun (Synthespric). Interrogé par CAMERPOST, le président national Luc Nhyomog a souligné: « comme enseignant, je crois que la faisabilité de ces mesures ne nous paraît pas évidente avec tous les dérangements que cela peut apporter tant pour les enseignants que pour les parents ».

D’après lui, il fallait sérieusement s’asseoir et envisager une bonne prolongation de l’année scolaire parce que de toutes les façons, les partenaires de l’Unesco sont beaucoup plus exigeants par rapport au nombre d’heures à couvrir que la période où on doit aller en congés. « J’insiste sur le fait qu’il fallait avec tous les partenaires s’asseoir autour d’une même table pour en débattre. Ce qui est vraiment faisable. Il ne suffit pas de dire qu’il faut prolonger les cours, il faut supprimer les congés, la question c’était comment s’y prendre », a-t-il noté avant de poursuivre : « car, la suppression des congés ne concerne que la partie qui a été affecté et non les autres régions du Cameroun, notamment la partie francophone qui a normalement fait ses cours. De l’autre côté, on va faire l’école toutes les deux semaines de repos. Même jusque-là c’est très peu pour rattraper les programmes ».

© CAMERPOST par Linda Mbiapa