Cameroun : Yann Gael, acteur sans frontières

« Je suis français parce que j’ai traversé la France et que la France m’a traversé. » | © DR
« Je suis français parce que j’ai traversé la France et que la France m’a traversé. » | © DR

Camerounais, français, provincial, banlieusard, parisien : l’acteur est tout cela à la fois. Entre théâtre, télévision et films d’auteur, il se gausse des carcans.

Yann Gael suit son libre arbitre. C’est avec simplicité qu’il nous a rejoints un matin de juin au café Les Éditeurs, dans le 6e arrondissement de Paris, pour nous parler de ses premiers pas sur les planches. Flash-back.

À l’époque, il suit des cours de langues étrangères à l’université et rêve de devenir musicien. À la fac, il s’ennuie. Habitant de Villiers-le-Bel, il vit les émeutes de l’intérieur. Nous sommes en 2007, sa banlieue val-d’oisienne est en feu et sous le feu des projecteurs. La raison : la mort de deux jeunes – Moushin Sehhouli, 15 ans, et Laramy Samoura, 16 ans –, renversés à moto par une voiture de police. « Suite à l’accident, il y a eu un ras-le-bol général. La jeunesse s’est sentie pour une fois relayée dans les médias alors qu’elle vit dans une vraie enclave, sans accès aux transports, et qu’elle est sans cesse oubliée et stigmatisée. » Yann Gael a un déclic, une envie soudaine de s’exprimer.

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