Cameroun : des wagons coupés et bradés à Douala

Cameroun : des wagons coupés et bradés à Douala

Ces engins qui peuvent pourtant être retapés par des techniciens que compte le Cameroun et aider à résoudre des problèmes des citoyens, servent plutôt à d’autres fins.  Un gaspillage selon des cheminots. Les détails avec CAMERPOST.

Le business de la ferraille

A l’intérieur des ateliers de Camrail situés au quartier Bassa à Douala, les activités vont bon train. De prime à bord, il est difficile voire impossible de savoir ce qui se passe à l’intérieur des installations. Au fur et à mesure que l’on avance, dans les profondeurs de ce vaste empire, on aperçoit des rangées de wagons, voitures-voyageurs, des autorails, qui sont immobilisés. Tous portent l’insigne de la croix rouge qui signifie qu’ils sont destinés à être coupés puis revendus à la ferraille.

D’un autre côté, ce sont des bureaux vides et inoccupés ; de l’autre ce sont des ateliers qui ont été donnés à des particuliers. Une sorte de sous-traitance.  Bref, cet important dispositif qui pouvait être rénové et utilisé de sorte à aider les Camerounais et à faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, « est gaspillé. Jadis, nous étions le deuxième atelier de l’Afrique centrale. On disposait des rectifieuses achetées moyennant 60 millions de Fcfa. Nous disposions et il existe encore des techniciens qui fabriquaient  des sabots de frein ; nous avions des rebus-bois haut de gamme sur lesquels étaient posés les rails ; aujourd’hui ce n’est plus le cas. On achète des rebus-bois de deuxième choix. Tout a été foutu et on se plaint », font savoir des cheminots qui regrettent cet énorme perte.

Une énorme perte selon des cheminots

Ils appellent les décideurs à agir car ces centaines de wagons et locomotives ne méritent pas d’être coupés et revendus. « Au contraire, on peut les retoucher pour le bien de tous. Ce sont des milliards de Fcfa qui s’envolent ainsi », s’indignent des ouvriers. Concernant la ferraille, le business roule à Douala.

Pour Camrail d’après le quotidien La Nouvelle Expression : « à l’époque de la Regifercam, lorsqu’une pièce était en panne, on déléguait des personnes envoyées en mission pour acheter la pièce en question. Aujourd’hui avec la politique de Camrail, l’entreprise fabrique elle-même ses pièces. Autrement dit, si les wagons sont vieux, Camrail peut décider de les fondre et d’en fabriquer une autre matière. Tout comme la société peut vendre à des particuliers ».

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