Cameroun – Yamine Bahri-Domon : « Nous voulions diversifier les canaux d’information afin de toucher le maximum de décideurs »

Yasmine Bahri Domon, présidente de la Fondation EMA Invest, avec Alamine Ousmane Mey, le ministre camerounais de l'économie | Agence Ecofin
Yasmine Bahri Domon, présidente de la Fondation EMA Invest, avec Alamine Ousmane Mey, le ministre camerounais de l’économie | Agence Ecofin

Investir au Cameroun prépare le 50e numéro de son magazine. A cette occasion Yamine Bahri-Domon, directrice de la publication et fondatrice de l’agence Stratline, fait le bilan de ces 5 années au service de la promotion économique du Cameroun.

Agence Ecofin : Investir au Cameroun se décline en un site quotidien d’actualité, une lettre hebdomadaire et un magazine mensuel. Quel est l’objectif de ce tir groupé ?

Yasmine Bahri Domon : Lancés en 2011, Investir au Cameroun et Business in Cameroon ont été les premiers médias digitaux et les premiers magazines économiques gratuits spécifiquement dédiés à l’économique du Cameroun. Nous avons tout d’abord commencé par mettre en place la plateforme web en français, qui a très vite suscité de l’intérêt, nous avons, dès l’année suivante, lancé l’application et la version papier. Il nous semblait important, et ça l’est toujours, de donner accès à l’information économique sous différentes formes. Même si nous sommes à l’air du numérique, il est de tradition, notamment en Afrique, de lire et de partager l’information sous la forme papier. Nous voulions aussi diversifier les canaux de transmission de l’information afin de toucher le maximum de décideurs en leur servant un contenu de première main sur les potentialités énormes du Cameroun. A chacun de ces canaux, correspond une cible bien précise.

La même plateforme plurimédia se décline également en anglais. Quel lectorat visez-vous et comment l’atteignez-vous ?

YBD : Il aurait été parcellaire de ne satisfaire qu’une famille linguistique en se limitant qu’aux francophones. Et puis, le Cameroun est bilingue, comme le monde des affaires et des investisseurs. Il était important de toucher les investisseurs du monde entier et les partenaires du Cameroun hors pays francophones. Notre but aussi est d’étendre notre audience et mieux faire connaître les projets camerounais à l’international. C’est pourquoi le magazine est diffusé, entre autres, dans les salons d’aéroports, aussi bien à Londres, Bruxelles, Francfort, Zurich, que Paris.

Vous venez de lancer une nouvelle version des deux sites web. Ce changement répondait à quel besoin ? Quelles retombées en attendez-vous ?

YBD : Cela faisait 5 ans que le site avait été lancé, et il fallait rendre la plateforme plus dynamique. Le lectorat et la technologie ont beaucoup évolué. Près de la moitié de nos lecteurs nous consultent aujourd’hui depuis leur mobile. Le site a dont été entièrement reprogrammé en responsive, le nouveau format 100% compatible avec les tablettes et smartphones.

Nous voulions aussi le relier davantage aux réseaux sociaux, et actualiser le graphisme. Nous avons par ailleurs introduit 2 nouvelles rubriques « Economie du Numérique » et « la CAN », des sujets d’actualité.

En termes de retombées, nous projetons une augmentation significative de nos visiteurs, bien que nos chiffres soient en régulière augmentation, et nous souhaitons maximiser le partage d’information à travers les réseaux sociaux. Nous espérons rester une référence en matière d’information à l’adresse des différents partenaires du Cameroun à savoir les investisseurs et les acteurs économiques.

Le Cameroun vient d’organiser à Yaoundé une conférence internationale intitulée également « Investir au Cameroun ». Est-ce que cette initiative vise à adjoindre un volet événementiel à votre plateforme plurimédia ?

YBD : Plusieurs lecteurs ou personnes nous ont contactés pour nous féliciter pour cette action… nous avons été très touchés mais cette conférence internationale est une entité estampillée Présidence de la République. Nous saluons par la même occasion l’organisation de la Conférence « Investir au Cameroun, Terre d’Attractivités », qui portera certainement ses fruits et qui s’inscrit tout à fait dans la même dynamique que l’ensemble de nos actions.

Quels autres services l’agence Stratline propose-t-elle aux gouvernements ?

YBD : L’essentiel de nos interventions se concentre sur la promotion et la mise en valeur des atouts et potentialités de nos clients, tout en traitant et en corrigeant de façon la plus ouverte possible certaines faiblesses qui sont repérées lors d’une première analyse dans les médias « Etat des lieux : Image & communication ». Cela a fait 10 ans que nous existons. Nous sommes spécialisés dans la stratégie de communication, le lobbying et le développement de l’ensemble des outils off line et on line, qui nous permettent de revendiquer une vraie expertise globale du domaine de la Communication institutionnelle, économique et politique. Depuis l’idée, la conception, jusqu’à la réalisation et la mise en œuvre, nos équipes maitrisent l’ensemble de la chaîne de production de la communication et sont à même d’intervenir dans des domaines aussi complémentaires que le conseil en stratégie, les relations Presse, la production audiovisuelle, Internet, l’achat d’espaces et l’événementiel…

Pourquoi, selon vous, les gouvernements africains recourent-ils, la plupart du temps, à des sociétés européennes pour gérer leur communication ?

YBD : La vraie question à se poser est : faut-il confier sa communication a une société européenne qui n’a aucune connaissance de l’Afrique ou qui prétend en avoir ? La réponse est naturellement non. La plupart des gouvernements qui ont recours à des sociétés européennes, c’est parce qu’ils souhaitent atteindre le marché européen, de facto une société sérieuse basée en Europe a des réseaux établis, des connaissances du terrain et surtout une proximité géographique qui permet un suivi, des relances, etc. Par contre, je ne trouve pas très naturel qu’une société étrangère se charge de la communication locale. A moins que l’expertise dans ces domaines manque mais j’en doute. Il y a tellement de compétences en Afrique qu’il faut plutôt s’appuyer dessus. Par ailleurs, il y a de plus en plus de société européennes dirigées par des personnes ayant un pied en Afrique, par leur origine ou par des liens familiaux, j’en fais partie, cela donne une double sensibilité et une connaissance des deux mondes.

Travaillez-vous exclusivement pour des gouvernements ?

YBD : Nous travaillons avant tout sur des projets ambitieux, porteurs !

Source : © Agence Ecofin

Propos recueillis par Dominique Flaux