Cameroun – Visite de Christine Lagarde : Réformes structurelles, intégration régionale et Boko Haram au menu

Audience au Palais de l'Unité de Yaoundé | © PRC
Audience au Palais de l’Unité de Yaoundé | © PRC

En provenance du Nigeria, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a entamé jeudi une visite de trois jours au Cameroun axée sur des “questions de réformes structurelles”, l'”investissement en infrastructures”, l'”intégration régionale” et le “risque créé par l’activité de Boko Haram”, a-t-elle expliqué.

“Je suis très heureuse de venir au Cameroun en qualité de directeur général du FMI pour la première fois. C’est une visite que je devais faire depuis longtemps, compte tenu de l’importance de l’économie camerounaise en particulier au sein de la zone CEMAC [Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale]”, a-t-elle souligné à la presse à son arrivée à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.

Cette visite est la première qu’effectue dans ce pays d’Afrique centrale l’ex-ministre française de l’Economie et des Finances depuis sa désignation à la tête du FMI en juin 2011. Elle a été accueillie à sa descente d’avion par le Premier ministre Philemon Yang, avec qui elle a eu un bref échange, et qu’elle rencontrera une nouvelle fois dans la journée, de manière formelle à son cabinet de la primature.

Je pense qu’avec les autorités camerounaises nous évoquerons les questions budgétaires

Ce sera après une séance de travail avec le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, qui faisait aussi partie du comité d’accueil, constitué par ailleurs par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze.

Le programme officiel prévoit en outre un entretien en tête-à-tête en début de soirée avec le président Paul Biya.

“Je pense qu’avec les autorités camerounaises nous évoquerons les questions budgétaires, les questions monétaires, les questions d’investissement en infrastructures qui sont clairement des priorités du gouvernement camerounais”, a-t-elle annoncé.

“Et puis je pense que nous évoquerons des questions d’intégration régionale, à la fois sur le plan commercial et sur le plan financier, et puis aussi les grandes questions géopolitiques qui ont une dimension économique et monétaire. Je pense en particulier au risque créé par l’activité de Boko Haram au Nord du pays (…) et au soutien de la communauté internationale en face des dangers de cette nature”, a-t-elle poursuivi.

La visite de Christine Lagarde à Yaoundé est aussi l’occasion d’une évaluation des effets de la baisse des prix du pétrole sur les économies de la CEMAC dont l’or noir représente notamment la principale source de revenus. Une table ronde est à cet effet organisée vendredi matin, avec la participation des ministres de cette région.

Présent également dans la capitale camerounaise, le président de la Commission de la CEMAC, Pierre Moussa, s’entretiendra lui aussi avec la directrice générale du FMI, de même que le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Lucas Abaga Nchama.

Depuis 2014, cette institution a pris une série de mesures en vue notamment de la résilience de ces économies dans ce contexte de baisse des cours du pétrole. D’après ses récentes estimations publiées en décembre, le taux de croissance régional s’établit à 2,4% en 2015, alors que les prévisions initiales prévoyaient une prévoyance de 4,2%.

Après Yaoundé, Christine Lagarde achèvera sa visite samedi par Douala, la métropole économique camerounaise, où elle rencontrera des femmes leaders et des représentants du secteur privé et de la société civile.

A Abuja, elle a estimé que le Nigeria, première économie africaine, n’avait pas besoin d’une nouvelle aide du FMI en dépit des chocs provoqués par la chute des cours du pétrole.

Source : © Agence de Presse Xinhua