Cameroun – Vicky Edimo: « Je voulais faire un album avec des musiques pour tout le monde » – 26/01/2015

Le bassiste camerounais a décidé à 65 ans de se lancer dans une carrière solo.  - D. R.
Le bassiste camerounais a décidé à 65 ans de se lancer dans une carrière solo. – D. R.

 Le nouvel album solo de l’artiste camerounais intitulé « Njoh’é » est une comptine qui lui a été inspirée par le groove rythmique du morceau, le ramenant à ses jeux d’enfant. Vicky Edimo âgé de 62 ans, présente le nouvel opus qui est en réalité le 4ème album de l’artiste, après Thank-U-Mama (1982), Ongwanemo (2000) et Jambo Afrika (2007).

Votre instrument favori est la basse mais c’est à peine si l’on perçoit son influence dans votre dernier album pourquoi ?  

Étant plus reconnu comme bassiste, je ne voulais pas faire un “album de bassiste“, qui ne serait écouté que par les bassistes, comme ça se fait souvent. Je voulais faire un album avec des musiques pour tout le monde, bien que je rappelle sur certains titres quel est mon instrument de prédilection.

L’album  est d’une diversité certaine aussi bien dans le rythme que dans les langues…

Certains titres sont chantés en anglais mais la majorité est en langue Douala, dont Njoh’é qui me ramène aux comptines durant nos jeux d’enfants. Sur ce groove, je voulais m’amuser un peu comme si je retournais à l’enfance.

Cet album est un ensemble d’expériences musicales que j’ai voulu exprimer en tenant compte de mes racines. C’est pour cela qu’on y retrouve des tendances allant du blues, néo-jazz, makossa, world music et autres.

Vous prônez également une sorte d’union voire de rapprochement entre les peuples et les cultures. Qu’est ce qui justifie un tel engagement ?

La musique permet aux gens de se rapprocher car, face à elle, tout le monde est égal. Tout le monde a le droit d’apprécier, de danser et d’applaudir, sans distinction quelconque. D’où le titre de l’album Siseya qui veut dire “rapprochons nous“. Siseya est un morceau plus bluesy qui nous rappelle que le soleil, n’est ni noir, ni blanc, ni basané mais, jaune pour tout le monde quand il brille.

À L’écoute du titre Njoh’é on retombe littéralement en enfance…

Njoh’é est une comptine qui m’a été inspirée par le groove rythmique du morceau et qui m’a ramené à mes jeux d’enfant.
Biala est une balade sur ceux qui sont dans le bla bla et qui oublient que faire est plus difficile que parler. Wangamene parle de l’époque dans laquelle nous vivons et qui ne nous laisse pas d’autre choix que d’être dans la méfiance.

Il y’a aussi une touche particulière avec l’usage des instruments de l’Afrique de l’Ouest c’est une expérience ?

Bwemba a une approche rythmique que l’on n’a pas l’habitude d’entendre dans la musique africaine où j’ai voulu mélanger la culture camerounaise à celle de l’Afrique de l’ouest à travers un jeu prononcé de Kora. Il parle des doutes d’un homme vis à vis de sa compagne. Ongwanemo est le regret de voir un enfant qui a à peine 10 ans courir les rues par pauvreté, afin de pouvoir manger…C’est à nous de l’aider avant qu’il ne prenne un mauvais chemin.

Wayo par contre est un rythme populaire dans toute l’Afrique et qui invite à la danse. Walo est une autre ballade qui m’a été inspirée par la perte d’un ami cher. Il y ‘a aussi un morceau instrumental, Lawarka, me permet d’explorer différentes facettes des rythmes ternaires du Cameroun. Nama pula wa ” c’est toi que je veux ” est un groove africain ensoleillé, qui se marie bien avec le reggae et le fun.

© CamerPost – Propos recueillis Hakim ABDELKADER et Madeleine