Cameroun : la vente de la drogue se porte bien à Douala

La vente de la drogue se porte bien à Douala | © LNE
La vente de la drogue se porte bien à Douala | © LNE

Installés en bordure de route dans les grands carrefours de la ville de Douala, les vendeurs à la sauvette et “braiseuses de prunes” font de bonnes affaires

« J’épargne au moins 300.000 Fcfa chaque mois » déclare, Delphine. Agée de 55 ans, cette jeune dame vend du cannabis sous coulisse depuis 3ans. Chaque soir, elle installe son four, sur lequel elle braise des prunes. En réalité, ce n’est qu’un prétexte pour écouler sa « vraie » marchandise. Il est environ 16 heures, ce samedi 13 Août, au lieu-dit Bilonguè. Une jeune dame s’amène près du comptoir, et tend le billet de 2000fcfa. Delphine glisse la main dans un sac contenant du charbon et sort un petit sachet dissimulé entre les prunes braisées et le remet à sa cliente. La jeune dame vendeuse de drogue s’est confiée sous anonymat à La Nouvelle Expression : « Je vends du cannabis depuis 3 ans. Je fais la tontine de 100.000Fcfa par semaine. Pour éviter des suspicions, je fais une activité parallèle », révèle-t-elle. Bien plus, cette dernière fait savoir que toutes les couches en consomment. « Je vends la drogue aux étudiants, aux prostituées, aux enfants de la rue et même ceux qui exercent des travaux pénibles, tel que les mécaniques », poursuit-elle.

Emmanuel, quant à lui vend la cocaïne au lieu-dit rond-point Dakar, dans le troisième arrondissement de Douala. Son porte-tout comportant des parapluies, est pour lui un moyen de camouflage.  En réalité, le produit est dissimulé dans la pochette d’un parapluie.  En outre, ce dernier avoue ici ces techniques de vente et la cible de ses clients : « Je me ballade surtout dans les secteurs des délinquants et prostituées. Je leur fais la proposition en sourdine, de peur d’être chopé par la police. Pour mes clients fidèles, lorsqu’ils veulent une bonne dose, il prononce le code. Je fais semblant de leur proposer un parapluie dans lequel est caché le cannabis. Mon client le retire discrètement et me remet de l’argent », révèle Emmanuel. Il précise aussi qu’il est un vendeur et non un consommateur : « Je vends la cocaïne depuis 5 ans, mais je n’en consomme pas. Je me suis rendu compte que c’est un business qui rapporte gros malgré ses risques », poursuit-il.

La consommation de la drogue par les jeunes élèves et enfants de la rue est devenue un phénomène banal dans la cité économique du Cameroun. Les différents consommateurs, amateurs ou professionnels le font au vu et au su de tous. Pas même la silhouette d’un policier ne les intimide. « Quand nous les prenons dans nos filets, le lendemain un autre groupe s’installe », se désole une source policière. À un jet de pierre du commissariat du 8e arrondissement, les consommateurs sont présents. Ici, ils défilent, et à chacun son goût, et sa dose.

Bépanda est présenté aussi comme un autre lieu de prédilection de la consommation de cette substance dangereuse. Ici, les consommateurs sont les agresseurs et les prostituées. « Déjà aux environs de 19 heures, les petits agresseurs fument de la drogue dans les pistes du quartier.  Ils commencent à provoquer les passants, surtout les étrangers », confie un riverain. Le marché “Double balle” n’est pas en reste. C’est un autre foyer de consommation de la drogue précisément au lieu-dit terrain Doungué. Vêtus comme des sportifs, ces derniers se regroupent pour faire le partage du Banga, dès 17 heures. « Nous ne pouvons pas nous plaindre, de peur d’être agressés par ces délinquants. Ils consomment la drogue devant nous sans avoir froid aux yeux », révèle une autre riveraine.

 Pont blanchisseur, laboratoire de la drogue

Situé dans l’arrondissement de Douala3e, le lieu-dit pont blanchisseur donne la chair de poule aux riverains. Il est le lieu par excellence de la vente de la drogue. Des trafiquants y transitent chaque jour, une aubaine pour ces derniers qui y glissent leurs stupéfiants. Ici, c’est la plaque tournante de la vente de la drogue dans la capitale économique, apprend-on. « Ici, les receleurs viennent s’approvisionner du produit et les vendent ailleurs dans certains quartiers de la ville. C’est un lieu dangereux car tous les stupéfiants se vendent ici. C’est la raison pour laquelle le commerce s’intensifie chaque jour », nous confie une source policière digne de foi au commissariat du 8 e arrondissement.  Bien plus, les différents types de drogue y sont vendus. Cannabis, Banga, cocaïne etc. Ainsi les saisies sont régulières.

Dans la nuit du 5 au 6 aout, on a signalé une cargaison de cannabis dans un bus d’une agence de voyage en provenance de Bertoua. A l’arrivée du bus, les éléments du commissariat du 8e arrondissement ont tendu un piège en filant le trafiquant de drogue. Ils ont découvert que le colis appartenait à un certains Ahanda bissékè, avec un important stock de 70 kilogrammes de cannabis. La drogue a été saisie et mise sous scellés. Ce dernier a été déféré au parquet. Bien plus, le 15 juillet, lors d’une descente au quartier Nyango à bilonguè des éléments du commissariat du 8e arrondissement, 18 suspects dont 9 repris de justice, ont été interpellés avec 80 filons de cannabis et 9 filons de cocaïne , tous déferrés au tribunal de Ndokoti, une semaine plus tard.

Du coup, il est de plus en plus facile de trouver à Douala toutes sortes de sortes de drogues « C’est le phénomène du petit commerce dans la rue qui amplifie la vente de la drogue », confie notre source. Parmi celles en circulation, les feuilles connaissent un certain succès. Selon notre source, cette drogue se présente sous la forme ses épices verts mis dans un papier, et que les consommateurs sniffent. Elles donnent la force, le courage et permet d’exercer les taches difficiles.

Selon nos informations recueillies auprès d’une source à la brigade ter de Bépenda, les vendeurs de drogue qui sont chopés par les gendarmes avouent acheter ces stupéfiants au pont blanchisseur, car chacun y trouve son compte.

 Les parents impliqués

« Dans la zone de Dakar, précisément à Bilonguè les parents donnent du chanvre à leurs enfants pour aller vendre aux écoliers, aux travailleurs et aux prostituées pour l’endurance durant l’acte sexuel », révèle une source policière. Bien plus, elle ajoute que dans cette zone, près de 30°/° des élèves de sexe masculin en consomment. L’héroïne vient en tête, suivie de la cocaïne, et du cannabis. Ce qui pousse au viol et à la recrudescence du banditisme. « Ces jeunes posent généralement des actes odieux lorsqu’ils sont sous l’effet de la drogue », poursuit notre source.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Amélie Dita, Stg

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3 Commentaires sur "Cameroun : la vente de la drogue se porte bien à Douala"

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Irène Eyamo

Un jour elle va recolter

Prosper Sanwa

Voilà comment les camerounais meurent à petit feu pendant que certains s’enrichissent honteusement et d’autres se lancent dans l’insécurité ambiante

Prosper Sanwa

Pitié pour la morale qui se fait piétiner au profit des comportements plus que déviants et chers pour la suite de la vie

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