Cameroun – Urbanisation : Quand les inondations mettent à nu les tares du système

Jean Claude Mbwentchou, ministre camerounais en charge de l’Habitat et du Développement urbain. | Photo d'archives
Jean Claude Mbwentchou, ministre camerounais en charge de l’Habitat et du Développement urbain. | Photo d’archives

Malgré la multitude de projets d’assainissement annoncés par les pouvoirs publics, les villes camerounaises sont toujours noyées dans les eaux.

L’on se souvient qu’au plus fort des inondations du mois de juillet dernier à Douala, la commission interministérielle conduite par Jean-Claude Mbwentchou et dans laquelle on retrouvait le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, avait annoncé un train de mesures visant à éviter aux populations les affres des inondations. Sauf que trois mois plus tard, aucune action notable n’a été perçue sur le terrain. Où est passé le plan d’urgence scandé à grand renfort de publicité ? Qu’en est-il des millions de FCFA annoncés pour l’assainissement de la capitale économique du Cameroun ?  Qu’est devenu le projet d’investissement humain dans les zones à risque et surtout la destruction des habitations construites sur les drains ? Autant de questions qui amènent les uns et les autres à penser que toutes ces promesses n’étaient que de la poudre aux yeux des sinistrés.  En effet, la question de l’assainissement des villes camerounaises ne date pas d’aujourd’hui. La recrudescence des inondations et des catastrophes qui surviennent chaque année du fait du désordre urbain dans les villes camerounaises est là pour illustrer que les politiques d’urbanisation des villes camerounaises, même si elles existent sur du papier ne sont jamais concrétisés. Certains observateurs n’hésitent d’ailleurs pas à imputer cet état de chose à des intérêts maffieux entretenus par certains pontes du pouvoir. « On dit qu’on va détruire les maisons et les immeubles construits sur les drains pour laisser passer l’eau, cela n’arrivera jamais, puisque ceux qui possèdent ces immeubles sont les mêmes qui nous gouvernent, ainsi que leurs proches », affirme Pius oulamba, un riverain.  Pour ce dernier, la situation n’évoluera jamais tant que ces barons de la république ne seront pas eux-mêmes menacés par les eaux de pluies. « Quand il pleut ce sont les pauvres qui sont dans les bas-fonds des quartiers qui souffrent, et non ceux qui sont dans les grands immeubles qui empêchent l’eau de circuler », soutien notre source. Autant de chose qui n’inspire pas à l’optimisme et qui laisse présager que la fin du calvaire n’est pas pour demain. Les récentes inondations enregistrées ces derniers jours dans la capitale économique du Cameroun sont un exemple patent de ce scepticisme des populations.

Nombreuses sont les populations de Douala qui ont perdu leur latin, face à la persistance de la saison des pluies et ses multiples tracasseries. Contrairement aux années passées, la pluviométrie est plus que capricieuse cette année, au point où les habitants des grandes métropoles camerounaises ne savent plus à quel saint se vouer. Alors qu’elles croyaient s’être débarrassées du spectre des inondations, voilà que les pluies se sont remise à tomber de plus belle, ce, pour le grand malheur des populations dont bon nombre n’ont plus trouvé le sommeil depuis le 1er novembre dernier à Douala. En effet, un tour effectué dans certains quartiers de la capitale économique permet de constater les nombreux dégâts causés par les eaux en furie. Un spectacle lamentable et désolant qui pousse les uns et les autres à se poser la question de savoir où sont passés les mesures d’urgences annoncées en grande pompe par les autorités ?

© CAMERPOST par Joyce Nzoukou (Stagiaire)

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