Cameroun – UPC : Vers la fin des divisions au sein des différentes factions

Vers la fin des divisions au sein des différentes factions de l'UPC | Illustration/DR
Vers la fin des divisions au sein des différentes factions de l’UPC | Illustration/DR

C’est ce qui ressort de la récente rencontre tenue entre l’UPC dite Des Fidèles de Alexis Ndema Same et l’UPC de Victor Onana. Les deux familles ont entamé un processus visant à mettre fin aux divisions.

Les discussions empreintes de cordialité entamées le 28 septembre 2015, qui se sont poursuivies le 26 janvier 2016 et qui suivent leur cours, portent sur la mise en place d’un cadre de travail en vue de créer les conditions d’un « vivre ensemble » entre les deux familles Upécistes, compatibles avec les aspirations profondes du peuple Kamerunais sur la base de la ligne politique définie par les Pères Fondateurs de l’Union des Populations du Cameroun.

Lors des échanges avec le président Ndema Same Alexis ce mardi 16 février 2016 à Douala, Camerpost a appris que depuis le début, les débats sont placés sous l’égide de la recherche de l’unité. Les participants ont conçu les rencontres comme un processus au cours duquel ils examineront avec confiance et respect mutuel les aspects bloquants de leurs divergences et mettront en œuvre des actions communes. A propos de la protection du sigle et des emblèmes de l’UPC, les deux familles affirment que ces derniers appartiennent au parti, donc leur utilisation par les Upécistes ne saurait souffrir d’entrave. En conséquence, elles invitent les autorités administratives à prendre acte de cette position commune et à ne pas opposer de refus à l’une des factions en alléguant de la protection de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi). Les concernés s’engagent à mettre ensemble une procédure en vue d’une démarche à l’Oapi pour résoudre ce problème. Elles veilleront ensemble à protéger contre toute utilisation abusive le sigle et les emblèmes de l’UPC.

Flash-back

Pour la petite histoire, créée en 1948, l’UPC fut dissoute le 13 juillet 1955 par l’administration française du fait de ses revendications véhémentes et parfois violentes pour une «véritable libération du Cameroun par le pouvoir colonial». L’une de ses factions, constituée d’un «Bureau national provisoire» en 1962, se rallia quatre ans plus tard à l’Union camerounaise (UC) du président Ahmadou Ahidjo, pour aboutir à la création de l’Union nationale camerounaise (UNC, parti unique). L’autre faction, ayant choisi la lutte armée ou l’exil, fut confrontée à une dure répression qui verra des dizaines de localités du pays, particulièrement à l’Ouest, rasées.

Ses principaux dirigeants connaîtront ainsi un sort cruel : Um Nyobé fut abattu en septembre 1958 dans sa cachette ; Félix Moumié a été empoisonné en novembre 1960 en Belgique par un espion se passant pour un journaliste ; Ernest Ouandié, considéré comme le dernier chef historique du parti, a été fusillé sur la place publique à Bafoussam (Ouest) en janvier 1971. Après sa re-légalisation, début 1991, l’Upc a gagné 18 sièges au Parlement avant d’entrer au gouvernement avec 4 ministres, au terme de l’élection présidentielle d’octobre 1992. C’est à cette période que réapparurent les premières tendances, revendiquant chacune la légitimité de la formation. Le parti historique finira par éclater en 4 factions ouvertement opposées, dont 3 tiendront un «congrès unitaire» en 1996 à Yaoundé. La quête actuelle de l’unité est une initiative saluée par des observateurs avertis.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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