Cameroun : une brouille profonde à l’origine du départ de Rio Tinto Alcan – 13/10/2014

La récente décision de la multinationale canadienne Rio Tinto Alcan de quitter l’actionnariat Compagnie camerounaise de l’aluminium (Alucam), au 31 décembre 2014, est liée à son dessaisissement par le gouvernement d’un projet de construction d’une centrale hydroélectrique au profit d’Electricité de France (EDF), croit savoir le Réseau associatif des consommateurs de l’énergie (RACE).

Centrale hydroélectrique de Nachtigal. Photo d'archives
Centrale hydroélectrique de Nachtigal. Photo d’archives

Dans un rapport d’enquête publié lundi, cette organisation non gouvernementale affirme que «ce départ précipité» semble être indirectement lié à la signature, le 10 juillet 2014, d’un accord entre le dernier opérateur cité et le gouvernement pour la construction de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, dans la région du Centre.

Ladite convention, analyse le RACE, cède effectivement tous les droits pour le développement de ce projet à l’opérateur français, ainsi que la construction d’une portion de ligne de transport d’énergie électrique de 225 kilowatts longue de 50 kilomètres.

Nachtigal, d’un coût de 400 milliards FCFA financés par EDF (40%), la Société financière internationale (SFI, 34%) et l’Etat du Cameroun (26%) et dont la mise en service est prévue en 2019, représentera une capacité de production de 420 mégawatts (environ 20% de la production nationale d’électricité).

La production de ce barrage fournira essentiellement Alucam, dont les ambitions d’extension portent sur le triplement de la production qui passerait ainsi de 90.000 tonnes actuellement à 300.000.

«L’exécution de cet ouvrage par EDF au détriment d’Alucam n’est certainement pas étrangère à cette décision du groupe Rio Tinto Alcan de quitter le Cameroun», analyse le RACE.

En fin de semaine dernière, le président et chef de la direction du groupe Métal Primaire chez Rio Tinto Alcan, Arnaud Soirat, justifiait le désengagement de son entreprise sur le fait que «la pérennité du groupe Alucam repose sur un plan d’affaires qui ne rencontre plus les priorités stratégiques» de son entreprise.

Malgré ce départ, la multinationale canadienne a souhaité demeurer un partenaire du Cameroun à qui il a offert de maintenir ses contrats d’assistance technique et administrative en vigueur, jusqu’à la venue d’un repreneur, et s’est mis à la disposition des autorités du pays en vue de les assister dans la recherche d’«un partenaire solide».

On rappelle que c’est en décembre 2003 que Rio Tinto, 2ème producteur mondial d’aluminium, a racheté des parts d’Alucam jusque-là détenues par le français Pechiney.

Les négociations engagées entre le gouvernement camerounais et le repreneur (copropriétaires d’Alucam à 46,7% chacun) ont abouti, en octobre 2005, à la signature d’une lettre d’intention portant sur la modernisation et l’expansion de l’usine de production d’Edéa (Littoral).

Le reste de l’actionnariat de cette usine est détenu par l’Agence française de développement (5,6%) et les employés (1,1%).

© Camer Post avec © APA

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