Cameroun : un gamin de 12 ans se donne la mort à Douala

Le suicide de plus en plus récurrent chez les jeunes | Illustration/DR
Le suicide de plus en plus récurrent chez les jeunes | Illustration/DR

Casimir Tchakounté, élève en classe de Cm2 (Cours moyen) s’est suicidé ce jeudi 4 février 2016 au quartier Bobongo sis à Villéha, une périphérie de Douala. La consternation est totale chez les habitants du coin alors qu’il est à peine 11h. Cris, gémissements et surtout murmures des populations en font foi. « Nous sommes dépassés. Comment un enfant à la fleur de l’âge peut en arriver à se donner la mort ? Quelle que soit la raison, le petit n’avait pas à le faire », s’exclament des génitrices. A la question de savoir le motif de cet acte, les voisins du défunt répondent : « le petit Tchakounté a été soupçonné d’avoir volé une somme de plus de 450 000 Cfa à sa mère. Interrogé par ses frères aînés, il a nié. Mécontents, ses frères l’ont battu avant de prendre la fuite. C’est sans doute ladite bastonnade qui a poussé l’enfant à mettre fin à ses jours ». Une explication qui n’arrive pas à faire retomber la tension chez les habitants du quartier Bobongo. « C’est odieux. J’accuse les frères de l’enfant. Qu’est ce qui prouve effectivement qu’il est le coupable du vol ? Et même si c’était le cas, il revenait aux parents de châtier l’enfant. 450 000 Fcfa valent-ils une vie ? », s’indignent des témoins de la scène macabre.

C’est le deuxième cas de suicide en l’espace de quelques jours à Village. Le dernier en date s’est produit le 27 janvier 2016 à New-Town Aéroport, une localité située dans l’arrondissement de Douala 3ème tout comme le quartier Bobongo. Pour cette fois-là, l’individu non identifié a mis fin à ses jours à l’aide d’un tesson de bouteille qu’il a enfoncé dans son cou. L’acte tragique a eu lieu aux environs de 23 heures dans une gargote. Alors que le détenteur  de ce  débit de boisson s’apprêtait à tout fermer et regagner son domicile, le malheur frappât à sa porte. Selon les témoignages recueillis sur les lieux du crime, le jeune homme s’est suicidé à cause d’une bière. Ne disposant pas de 600 Fcfa pour se l’offrir et refusant de s’en aller comme exigé par le barman, l’infortuné en colère aurait saisi une bouteille vide, cassé et l’enfoncé dans son cou.

Des exemples qui interpellent sur ce phénomène de suicide qui tend à prendre des proportions alarmantes au Cameroun. Surtout que d’après l’Organisation mondiale de la santé (Oms), on compte actuellement près d’un million de décès annuels dus au suicide, et le coût économique se chiffre en milliards de dollars. Selon ses estimations, le nombre de décès dus au suicide pourrait passer à 1,5 million d’ici 2020. L’Oms considère le suicide comme un problème de santé publique énorme mais en grande partie évitable, aujourd’hui à l’origine de près de la moitié de toutes les morts violentes. L’institution d’une Journée mondiale de prévention du suicide, chaque 10 septembre, vient attirer l’attention sur le nombre estimatif d’un million de vies perdues par an à cause du suicide.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa