Cameroun – Tribunal Criminel Spécial : Henri Engoulou attendu à la barre le jour de sa levée de corps – 23/05/2014

Ironie du sort, l’ex- ministre du budget, décédé jeudi, 08 mai est attendu à comparaître au tribunal criminel spécial lundi 26 mai prochain, le jour où commencent ses obsèques.

Henri Engoulou, ex-ministre délégué chargé du Budget.
Henri Engoulou, ex-ministre délégué chargé du Budget.

Le tribunal criminel spécial (Tcs), fait face à une situation complexe et singulière depuis quelques jours. Un dilemme qui est partagé par les avocats de la défense, les coaccusés et les amis d’Henri Engoulou, anciennement ministre du budget, décédé des suites de maladie. Ironie du sort, coïncidence voulue par la famille du défunt, toujours est-il que les obsèques du disparu, qui commencent lundi, 26 mai prochain, embarrassent le Tcs.

Coaccusé de détournement des derniers publics en coaction, au même titre que Polycarpe Abah Abah, l’ancien ministre de l’Economie et des finances du renouveau de Paul Biya ; dans l’affaire Lydienne Eyoum accusée d’avoir fait du trop perçu dans les caisses de l’Etat, en termes d’honoraires, Henri Engoulou devait comparaître devant le Tcs. Après les auditions les 02 et 03 avril 2014, de Me Lydienne Eyoum Yen, avocat au Barreau, constituée par le ministère des Finances, pour défendre l’Etat du Cameroun et celle de dame Ngono, chef service juridique, renvoi avait été fait pour la date du 29 avril.

A en croire l’avocate, le feuilleton qui commence sous les ministres Edouard Akame Mfoumou, puis Michel Meva’a M’Eboutou, porte sur la convention entre le ministère des Finances et la Société générale de banques du Cameroun, par laquelle, les deux parties décident d’une main levée définitive de la saisie attribution sur les comptes de la Sgbc. Il faut noter que c’est avec l’arrivée du ministre Michel Meva’a M’Eboutou que la convention signée entre la Sgbc et le Minfi est dénoncée. Me Lydienne Eyoum Yen, avocat au Barreau, est constituée par le ministère des Finances, pour défendre l’Etat du Cameroun.

Une rondelette somme de 2,155 milliards de fcfa est en jeu. Elle gagne le procès haut la main mais, une mésentente doublée de controverse, nait au sujet du payement de ses honoraires. Dans son audition, Me Lydienne Eyoum Yen, a déchargé Polycarpe Abah Abah, l’ancien ministre de l’Economie et des finances, qu’elle dit n’avoir rencontré qu’une fois, dans l’ascenseur de l’Assemblée nationale, lorsque ce dernier s’apprêtait à défendre la loi des finances.

Le tribunal de la mort

A l’audience du 29 avril, devaient comparaître, l’ex- ministre Henri Engoulou et les trois témoins, Akame Mfoumou, Meva’a Meboutou et Essimi Menye, cités par l’avocate Me Lydienne Eyoum Yen. A ladite audience, les trois anciens ministres des finances ne sont pas présents ; l’ex-ministre Henri Engoulou non plus, pour cause de maladie. Un autre renvoi avait été fait pour le 26 mai prochain pour comparution de l’ex-ministre du budget et la poursuite des débats. Depuis le 08 mai dernier, la mort a rendu son jugement avant la justice des hommes, en fauchant Henri Engoulou à la vie. L’ex- ministre du budget est sans aucun doute, l’un des coaccusés qui ne sera pas présent à l’audience du 26 mai prochain. Son corps sera levé à 12 heures, la morgue de l’hôpital gynéco-obstétrique ; sensiblement à la même heure que sont supposés s’ouvrir les débats au tribunal criminel spécial.

Les obsèques du ministre Henri Engoulou qui sera enterré mercredi, 28 mai, s’apparentent à un pied du nez de la famille, à l’encontre de la justice camerounaise. La famille du défunt a toujours décrié avec véhémence, l’accablement exercé par le tribunal criminel spécial, dans une affaire qui ressemble étrangement à un procès kafkaïen. A la croire, le ministre Henri Engoulou, a agi dans le cadre de ses compétences.

Source : © Le Messager

Par Souley ONOHIOLO