Cameroun : Les tribulations de Philemon Yang en zone anglophone en couverture des journaux

Les tribulations de Philemon Yang en zone anglophone en couverture des journaux | Ph. © CT

Les journaux camerounais parus ce mercredi se sont largement penchés sur les écueils rencontrés dans les régions frondeuses du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par le chef du gouvernement et envoyé spécial du président Biya, Philemon Yang, dont la mission semble relever de l’impossible.

Alors que le quotidien à capitaux privés Le Messager évoque le « deuxième échec de la mission Yang », le bihebdomadaire Repères, qui rappelle plutôt qu’il s’agit de sa 3ème mission dite de la réconciliation, voit de son côté un chef de gouvernement plus que jamais désemparé, sa mission d’apaisement venant d’achopper sur l’incendie de la faculté de médecine de l’université de Bamenda, le chef-lieu du Nord6ouest et principal foyer de la contestation.

Philemon Yang, analyse la publication, semble en ce moment s’adresser à un mur, tant les populations de la zone se montrent révoltées par le déni entretenu dans le camp du pouvoir par certains de ceux, pourtant élites anglophones, qui se présentent à eux comme étant leurs enfants.

La crise n’est donc pas en voie de règlement puisque les positions se sont durcies, les revendications populaires ayant relayé celles des corporations (avocats et enseignants) en dépit des négociations ayant débouché sur quelques compromis, de la part du gouvernement.

Le soldat Yang échoue en mission dans sa région anglophone d’origine, affirme le nouveau quotidien InfoMatin, sa rencontre cruciale avec les représentants des parents d’élèves, les chefs traditionnels, les syndicats d’enseignants ainsi que les acteurs de la société civile, censée permettre la reprise effective des cours, de la maternelle au supérieur, a accouché d’une souris.

En l’absence des principaux leaders du Consortium de la société civile, dont la plupart sont actuellement détenus à la prison centrale de Yaoundé dans l’attente de la poursuite de leur procès devant le Tribunal militaire, les vis-à-vis du Premier ministre n’ont pas manqué d’élever leurs doutes quant à la sincérité de la démarche de l’envoyé spécial du chef de l’État.

La libération de ces activistes constitue l’une des conditions non négociables à la reprise du dialogue, précise le journal qui, à cette exigence ajoute le rétablissement de la connexion Internet ainsi que la démilitarisation les zones anglophones.

« En un mot comme en mille, la crise qui paralyse les activités dans ces zones n’est visiblement pas prête de connaître son épilogue, en dépit du discours officiel tendant à faire croire que tout est revenu à la normale. »

C’est que « le pouvoir joue avec le feu », constate Émergence : après 4 mois de crise, les activistes sont de plus en plus intransigeants et de moins en moins disposés à écouter les arguments d’un gouvernement habitué à bluffer.

C’est pourtant un gouvernement qui « résiste aux pressions », selon La Nouvelle Expression pour qui le régime de Yaoundé, pour desserrer l’étau, n‘entend pas donner suite à toutes les propositions, y compris celles des parlementaires membres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) ou encore de la société civile, de peur de créer un appel d’air susceptible de réveiller d’autres formes de revendications à travers le pays.

Pour le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, le Premier ministre, pendant son périple qui se poursuit encore, porte à toutes les étapes le message de la réconciliation, dans le contexte de grève des syndicats d’enseignants et des avocats ayant paralysé les activités universitaires depuis le 21 novembre 2016.

C’est donc un Philemon Yang en apôtre de la paix qui sillonne des régions contestataires, et qui appelle à la raison, soulignant la nécessité d’épargner aux enfants, aux parents innocents et aux hommes d’affaires les affres des batailles politiques qui ne sauraient être les leurs.

Il a ainsi exhorté les enseignants et les parents à ne pas compromettre leur mission d’éducation des enfants, déconseillant à ses interlocuteurs de répandre la psychose la peur qui ne peut pas construire une nation, et décourageant ceux à l’origine du mot d’ordre de « villes mortes », une posture qualifiée de catastrophe économique pour tous.

Dans des moments comme celui-ci, le Premier ministre a dit que le dialogue constructif est la voie à suivre et non les excès verbaux, la violence de rue et la défiance contre le gouvernement.

© CAMERPOST avec © APA

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