Cameroun – Traque sous fond d’incompréhensions des transporteurs clandestins – 12/05/2015

Robert Nkili, Ministre camerounais des Transports | Photo d'archives
Robert Nkili, Ministre camerounais des Transports | Photo d’archives

L’opération répressive a repris hier. Avec des batailles entre les syndicalistes. Un incident a failli dégénérer hier au lieu-dit Mobil Olezoa. Un contrôle mixte (police, syndicat de transport) est à l’œuvre pour traquer les transporteurs clandestins. Un car immatriculé CE 283 FT est interpellé et menacé d’être envoyé en fourrière. Motif : activité clandestine. Armand Talla, le chauffeur, convaincu de ne pas se sentir concerné par l’infraction, appelle Prosper Essomba, président du Syndicat national des chauffeurs de transport péri-urbain et rural du Cameroun (Synctrapurcam) dont il est membre.

Le dossier retenu par la police contient pourtant tous les documents exigibles : carte grise, assurance, visite technique, vignette, licence de transport, carte bleue, stationnement, impôt libératoire. L’équipe de contrôle reproche au chauffeur de se retrouver sur une ligne qu’il n’est pas supposé desservir. « Je sors du garage », clame Armand Talla, en vain.

Prosper Essomba qui arrive avec une forte équipe s’insurge contre un abus de pouvoir. « On lui perd du temps et personne ne veut croire à sa bonne foi. Le syndicaliste, membre de l’équipe est incompétent pour faire arrêter un car de transport péri-urbain », hurle-t-il. En face, le collègue acculé tient un discours incohérent. Tantôt, il affirme n’avoir pas bien vécu la scène de l’interpellation du car en question, tantôt il oppose le droit de réserve, tantôt il soutient que le véhicule est pris en flagrant délit d’activité clandestine.

L’orateur refuse de décliner son identité. Il n’a pas de badge. C’est presque sous pression qu’il donne son nom : Jean Marie Mbemti Essomba. Au sujet du syndicat qu’il représente dans l’équipe mixte de contrôle, il est évasif. Il brandit son titre de président de l’Union des syndicats des motos-taxis, taxis, tricycles et transporteurs par car. Un autre coup,  il dit qu’il est le représentant de SN Chautac, un sigle qu’il ne parvient pas à décliner. En face, c’est la rage. Prosper Essomba et les siens s’agitent et dénoncent la confusion. « Les représentants des taxis doivent s’occuper de leur secteur d’activité sans se mêler au nôtre », suggère-t-il. On perçoit dans la grogne, une guerre de leadership entre les syndicats. Ceux en charge du taxi veulent s’arroger tous les droits, fustige Prosper Essomba.

Au sujet de l’arrêté du gouverneur daté du 25 mars dernier interdisant le transport des passagers par mini-bus dit « cargos » dans les artères de la ville de Yaoundé, le président de Synctrapurcam explique que les « cargos » n’existent pas à Yaoundé. Il souligne que dans une réunion qui a eu lieu le 30 avril dans les services du gouverneur de la région du Centre, les syndicalistes ont expliqué à ce dernier que les « cargos » n’existent pas à Yaoundé, mais plutôt les Mercedes MB100 qui sont certes des gros porteurs, mais pas des « cargos », ces fourgons destinés au transport des marchandises.  Au point de ramassage de la Camair, des usagers reconnaissent que le service est de plus en plus amélioré et peu coûteux (250F Yaoundé –Soa) réclament un moyen de transport de substitution en cas d’interdiction.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jeanine FANKAM

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