Cameroun – Transport routier clandestin : dernier avertissement

Dernier avertissement pour le transport routier clandestin | Ph. © CT

L’illégalité qui a fait longtemps son nid dans ce secteur a plusieurs visages qu’il faut combattre. Les pouvoirs publics s’apprêtent à engager une ultime croisade.

Cargo, taxi-brousse, ‘‘Opep’’, personnel ou moto-taxi, tous ces moyens de transport ont en commun l’illégalité. Soit les acteurs n’ont pas leur dossier en règle, soit ils ne respectent pas la réglementation. Ainsi en est-il des particuliers qui « dépannent » en échange de 250F, élèves et travailleurs, en face de l’Immeuble rose à Yaoundé ou au Carrefour TIF à Douala. Comme certains fonctionnaires de Yokadouma (Boumba-et-Ngoko) qui mettent leur véhicule de tourisme sur la route non bitumée pour soulager les usagers qui ne voudraient pas emprunter le bon vieux car Saviem pour se rendre à Bertoua. A 10 000F, ces petites voitures font huit à neuf heures pour parcourir les 350 Km qui séparent les deux localités contre 12h, voire plus pour les car Saviem, moins chers. Les propriétaires de ces voitures ont généralement leur carte grise, assurance et visite technique conformes mais pas de licence de transporteur ni carte bleue.

Cela dit, quand ces ‘‘clandos’’ n’entassent pas cinq passagers derrière et deux à la cabine « pour donner la chance au maximum d’arriver », personne ne peut les soupçonner d’exercer illégalement l’activité de transporteur. Or parmi ceux qui exercent es-qualité, beaucoup ne respectent pas la loi. Chaque matin à Bertoua, par exemple, ce sont des dizaines de taxis peints en jaune qui viennent déposer des cultivateurs et leurs produits au marché central de la ville. Entre les ballots de légume entassés sur le toit ; la malle arrière impossible à fermer parce que bloquée par des sacs de macabo ou de manioc ; le spectacle offert sur les axes Diang-Bertoua, Bonis-Bertoua ou Belabo-Bertoua n’est pas différent de celui qu’on vit sur l’axe Evodoula-Yaoundé ou Loum-Nkongsamba.

Des titulaires de titre de transporteurs ont choisi la surcharge des passagers et des bagages comme modèle économique. « Nous sommes obligés de mettre trois personnes à la cabine pour nous en sortir par ce qu’avec les multiples contrôles, on doit pouvoir manger aussi», confie Boguas Otabela, un chauffeur. Outre cette violation du contrat d’assurance, il y a par ailleurs l’état de ces véhicules qui laisse à désirer. Avec la coque abîmée par le mauvais état des routes et les différentes marchandises convoyées, les sièges défoncés ou aplatis, sans oublier les roues usées, ça craint pour la sécurité des passagers. Rien qu’à voir ce type d’engins circuler sur le tronçon Bertoua-Lom-Pangar, on douterait que les propriétaires aient obtenu licitement leur visite technique.

Source : © Cameroon Tribune

Par MESSI BALA