Cameroun – Transport des marchandises : Des mécontents

Réunion des transporteurs de marchandise | © CT
Réunion des transporteurs de marchandise | © CT

Cinq syndicats sont montés au créneau vendredi pour dénoncer la concurrence déloyale de certaines entreprises qui transportent elles-mêmes leurs produits.

« En tant que responsables, militants et promoteurs d’un syndicalisme participatif et de développement, nous les professionnels du transport routier du Cameroun attendons en urgence une réglementation encadrant le transport pour compte propre et recommandons l’insertion des transporteurs dans les conseils d’administrations des ports du Cameroun ». Voilà la quintessence de « La déclaration de Yaoundé », signée vendredi dernier par la Confédération générale des syndicats de transport du Cameroun (CGSTC), l’Organisation patronale des syndicats des transporteurs et auxiliaires du Cameroun (OPSTAC), le Syndicat national des transporteurs roturiers du Cameroun (SNTRC), le Réseau professionnel des transporteurs routiers du Cameroun (REPTROC), le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT) et le Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (SYNATROCAM). Ces syndicats sont montés au créneau à la faveur d’une conférence de presse organisée vendredi dernier à Yaoundé, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de concurrence déloyale.

Depuis plusieurs mois, les transporteurs professionnels observent, en effet, la présence sur les routes de camions appartenant aux entreprises qui ont choisi de transporter leur production par leurs propres moyens. Ce type d’activité qualifié de « transport pour compte propre » demeure, d’après le président du SNTRC, Pierre Sime, sans encadrement réglementaire. Le coordonnateur général du BGFT, El Hadj Oumarou, précise pour sa part que ces moyens de transports ne sont pas soumis à une inscription au registre des transports publics routiers de marchandises. Pour lui, il s’agissait de la concurrence déloyale à ceux régulièrement enregistrés.

Préoccupant, ce d’autant plus que l’activité nourrit une chaîne de travailleurs, allant du conducteur aux mécaniciens. Les syndicats craignent, par ailleurs, pour la stabilité sociale des acteurs dont la réduction des activités peut ouvrir la porte aux pressions de tout genre. Le transport pour compte propre prive également l’Etat des ressources pour la réalisation des projets sociaux. « D’où la nécessité pour l’Etat de s’assurer que le transport soit pratiqué en priorité par les entreprises chargées du transport pour le compte d’un client », a estimé El Hadj Oumarou. Tout comme lui, Moïse Vokeng, président du REPTROC pense que l’activité pourrait disparaître. Autres sujets préoccupants, l’insertion des transporteurs au sein des conseils d’administration des ports camerounais. « Il apparait logique que les acteurs qui assurent le relais, alimentent l’intérieur et desservent l’hinterland aient leur mot à dire dans la gestion des ports », a conclu Pierre Sime.

Source : © Cameroon Tribune

Par Michèle FOGANG